Wacken World Wide 2020 - L'Antre de Bloodwitch

dimanche 2 août 2020

Wacken World Wide 2020

Le logo du Wacken World Wide
Le logo du Wacken World Wide

Cette année 2020 ne se passe absolument pas comme prévu dans le monde entier, mais aussi en ce qui concerne les habituels festivals de l'été. A cause de la situation sanitaire due au Covid-19, on a donc assisté à l'annulation de la totalité de ces festivals, et parmi eux, celle du Wacken Open Air... Mais les équipes autour de ce festival, le plus gros d'Europe dans l'univers du Metal, ont décidé de ne pas baisser complètement les bras. Ainsi, cette année, on nous propose un Wacken World Wide sur 4 jours, soit une édition toute particulière du W:O:A sur plus de 33 heures, 100% à distance, qui se déroule du mercredi 29 juillet à 17h jusqu'au samedi 1er août tard le soir. Et avec en prime certains des artistes en live XR, une technologie révolutionnaire qui change complètement des lives habituels et mise en place exprès pour ce contexte si particulier (rendez-vous plus bas dans l'article pour savoir de quoi il s'agit exactement ;-) ).

MERCREDI 29 JUILLET 2020

Et plutôt que de nous proposer, entièrement en ligne bien sûr, une succession de lives de nos groupes préférés, ils ont décidé de proposer plein de choses à côté. A commencer par la présentation de plusieurs groupes qui ont participé aux différentes éditions des Metal Battles, des battles organisées chaque année par le W:O:A afin de permettre à de petites formations peu connues de monter sur l'une des scènes de ce même festival, le tout entrecoupé de messages vidéo envoyés par les fans du W:O:A du monde entier. De quoi nous mettre dans l'ambiance dès 17h en ce mercredi, avec par exemple les Canadiens de Centuries of Decay avec leur Prog-Atmo Death. Chacun des groupes qui participent à cette introduction jouent dans un même studio, les uns après les autres, après une petite interview d'au moins l'un des membres du groupe. C'est une ambiance toute particulière, mais aussi l'occasion pour des petites formations peu connues en dehors de leur pays, comme Centuries of Decay, de se faire un peu connaître. Ce sera également le cas de Beside pour l'Indonésie, mais aussi de Floare de Fier pour la Roumanie avec sa musique très typée pays de l'Est, de Et Tu Brutus pour la Guyane, de Ravech pour le Suriname, ou encore de Valley of Chrome des Philippines. De quoi montrer fièrement que le Metal, c'est universel ;-) Cette présentation de différents participants des Metal Battles se clôturera par un message vidéo de Devin Townsend pour sonner le coup d'envoi des concerts.

Damnation Defaced
Les membres de Damnation Defaced

Le premier véritable set sera donc celui de DAMNATION DEFACED, un groupe de Death allemand, à 18h. Le groupe existe depuis 2007 et est à la tête de 4 albums studio. Mais on n'en profitera que durant 15 minutes, ce qui est bien court pour se faire une idée de la globalité de ce que ce groupe a à proposer. Le premier morceau interprété par le groupe, "Re-Entering the Void", nous fait immédiatement comprendre qu'il joue sans concession. C'est bel et bien du Death Metal tout ce qu'il y a de plus classique. "Between Innocence and Omnivore" s'en suit sans pause aucune, heureusement que l'écran du Wacken World Wide a indiqué le changement de morceau car là, honnêtement, je n'aurais pas compris que ce n'était pas le même. Cela dit, les deux passent plutôt bien dans mes oreilles, qui ont pourtant bien du mal avec le Death. Avant d'entamer le troisième (et dernier) titre du set, "Race of the Grail", le chanteur de la formation dira quelques mots, ainsi qu'après, ce qui rassure sur le fait que non, il n'y aura pas d'enchaînement sans aucun arrêt. J'en viens parfois à regretter d'être si dure avec le Death Metal, car je reconnais que certaines formations ont de l'idée quand elles créent leurs morceaux, à l'image de Damnation Defaced qui propose des choses intéressantes, mais auxquelles j'ai du mal à accrocher parce que j'ai du mal avec ce type de musique.

Après une discussion entre le présentateur de cette édition spéciale (également journaliste musical), Markus Kavka, et les cofondateurs du festival, dont je ne peux malheureusement rien en dire car je ne comprends pas l'allemand, on enchaîne avec 45 minutes de MOTOR SISTER, un groupe américain de Heavy qui n'a pour le moment sorti qu'un seul album, "Ride", en 2015. Le changement d'ambiance est complet ! Ici, on a quelque chose qui ressemblerait à du Armored Saint, comme le dit le site "Metal-Archives" (et d'ailleurs, le bassiste Joey Vera vient de ce groupe, et a été également le bassiste live de Anthrax que nous verrons un peu plus tard). C'est loin d'être désagréable, bien que pour moi ça ne passerait qu'à petite dose. Ainsi, ces 45 minutes s'avèrent être une longueur parfaite pour un set d'un groupe comme Motor Sister. Le groupe se compose donc d'un chanteur ainsi que d'une chanteuse qui joue également du tambourin, d'un batteur (John Tempesta, ex-Exodus et ex-Testament) et d'un guitariste (Scott Ian, Anthrax). Dans l'ensemble, j'ai trouvé leurs morceaux d'une efficacité inégale, et c'est bien dommage car il y a du potentiel dans cette bande. "Coming for You", par exemple, interprété intégralement par la chanteuse Pearl Aday, est un titre franchement sympa ! "Devil Wind", joué en fin de set, est également un morceau très intéressant à écouter.

Rage
Les membres de Rage

RAGE emprunte ensuite la scène. Doit-on présenter cette formation de Heavy Speed Power allemande, qui existe depuis 1984 ? A la tête de 24 albums, tout Metalleux se doit de connaître ce groupe-là, qui a joué en première partie de U.D.O et de Motörhead pour ne citer qu'eux. Pour ma part, j'avoue ne m'être encore jamais penchée sur lui, alors qu'il compte en similaire une pléthore de groupes que j'aime beaucoup. Pour tout vous dire, je n'y ai jamais pensé. Ce jour, les musiciens de Rage jouent pour une durée de 55 minutes, de quoi me donner un bon aperçu de ce que vaut réellement le groupe. C'est avec "True" que le set commence, un titre d'une efficacité redoutable. "Chasing the Twilight Zone" s'engage sur la même lignée en terme d'efficacité. C'est dans ces moments que je regrette de ne pas m'être penchée sur ces groupes anciens qui n'ont plus à faire leurs preuves, car je préfère m'intéresser aux plus récents qui ne demandent qu'à se faire connaître. Clairement, Rage fait partie de ces groupes qu'il ne faut pas négliger. J'aurais dû l'écouter vraiment plus tôt mais bon, comme on dit, mieux vaut tard que jamais ! Peter "Peavy" Wagner, le chanteur depuis les débuts du groupe, est le premier à parler pendant et entre les morceaux comme si le public était présent. Et cela fait sourire lorsque l'on voit le décor : le groupe a décidé de jouer dans une grotte, et ils ont mis les petits plats dans les grands puisqu'ils ont même dégainé les effets pyrotechniques ! Le résultat visuel est un véritable régal pour les yeux du coup ! Ah et mention spéciale à "Wings of Rage", excellent morceau ! Je ressors de ce set avec la satisfaction d'avoir vraiment découvert un très bon groupe, qui mérite amplement sa renommée, et dont je vrais creuser la discographie fissa.

C'est ANTHRAX qui prend la suite, un groupe que l'on peut dire légendaire car précurseur dans le Thrash Metal, et un groupe que j'ai déjà eu l'occasion de voir lors du Hellfest 2019. Un set dont j'étais ressortie mitigée cochon d'inde, car le Thrash n'est pas mon copain, pire encore que le Death. Après, ici, l'avantage c'est qu'il ne s'agit pas que de Thrash pur et c'est pour cela que par moments, musicalement, ça passe à mes oreilles "fragiles". Et cette fois, pour la première fois depuis l'ouverture de ce Wacken World Wide, les membres ne jouent pas ensemble. Non, ils jouent chacun depuis chez eux ! Pour "Madhouse", le second titre, quelques messages s'affichent sur l'écran pour nous faire comprendre que Scott Ian, déjà vu tout à l'heure avec les Motor Sister et que l'on retrouve cette fois en solo devant un écran qui nous affiche des images live d'Anthrax, n'est pas arrivé à la bonne heure pour pouvoir enfiler le T-shirt qu'il devait avoir et sur lequel était floqué "I'm the #1 guy in the group", T-shirt que portent les autres membres hormis le chanteur, Joey Belladonna. De quoi faire sourire, car on sent que les membres aiment bien se chambrer, semble-t-il :D Malgré la séparation entre les membres du groupe, chacun montre une joie évidente à jouer, cela fait plaisir à voir pour cette situation vraiment inédite. Autrement, musicalement, j'ai toujours autant de mal à accrocher sur ce que propose Anthrax, comme lors du Hellfest 2019. mais cette fois encore, certains passages passent bien à mes oreilles.

Doro Pesch
Doro Pesch

Après une pause syndicale qui me fait rater Body Count feat. Ice-T (mais déjà vu lors du Hellfest 2018), c'est avec DORO que l'on continue cette première soirée du Wacken World Wide, en débutant par un message pour ses fans (en allemand, que je ne peux donc vous traduire). Doro Pesch a une carrière impressionnante derrière elle, de quasiment 40 ans. Fondatrice du groupe Warlock en 1982, elle continuera en solo sous le seul nom "Doro" à partir de 1987. Ce soir, elle nous propose un set de 30 minutes. "I Rule the Ruins" débute ce set, qui se déroule pour la première fois sur une scène réelle, devant un parterre de personnes privilégiés que l'on verra rapidement à l'image, tous séparés par des palissades ou plus loin derrière en voiture, et avec une énergie incroyable pour la Metal Queen de 56 ans, qui ne les fait clairement pas, et qui assurera son show comme si le public était composé de plusieurs milliers de personnes alors qu'elles sont à peine une cinquantaine. Ainsi, pour le peu que durera sa prestation, ce sera un vrai moment de bonheur, bien trop court, qui se clôturera par la balade "Love me in Black", puis un "Burn it Up" sous les phares clignotants des voitures qui sera du plus bel effet.

Ensuite, nous avons droit à un groupe dont je n'ai jamais entendu parler : ESKIMO CALLBOY. Ses membres ont pourtant une décennie de carrière derrière eux. Le groupe débute par "Hate/Love", et clairement, c'est du Metalcore tout ce qu'il y a de plus classique, mais avec grand renfort d'électro derrière, notamment par les nappes de clavier. C'est étonnant, accrocheur, et ça ne ressemble à rien de ce que je connais. "Rehab", le second titre joué par Eskimo Callboy et titre éponyme de leur dernier album en date (sorti en 2019) confirme ce mélange entre Metalcore et Electro, qui décidément est intéressant ! Au fil des morceaux, on entendra un peu de rap par moments, mais dans le genre qui passe vraiment bien ! Sur scène, ils sont deux au chant, deux à la guitare, un bassiste ainsi qu'un batteur, pour un ensemble fort efficace. En faisant quelques recherches, je découvre que ce style musical porte un nom : Electronicore. J'aurai donc appris quelque chose. En tout cas, pour revenir à ce groupe, il peut être sympa de jeter un oeil à sa discographie, qui compte 5 albums, le premier étant sorti en 2012 ("Bury me in Vegas"). Au niveau du set proposé ce soir, "My Own Summer" notamment est un titre génial si on n'est pas allergique à ce qui se rapproche de la techno. "Shallows", "Prism" et "Mc Thunder" valent le détour aussi et en fait, si je devais citer tous les morceaux qui le valent, le détour, je les citerais quasiment tous. Eskimo Callboy est une curiosité qui vaut la peine d'être écoutée, vraiment ! Et encore une fois, j'en viens à apprécier franchement un groupe allemand... La plupart de mes coups de coeur sont Allemands, je ne sais pas pourquoi mais ça se vérifie quasiment tout le temps... Et ici, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde durant ces 50 minutes de set, qui se terminent sur un changement de tenue total (et... très... très très coloré !) de tous les membres du groupe pour "Hypa Hypa" ! Et j'adhère !

Trivium
Les membres de Trivium

Dix minutes du groupe de Metalcore emprunt de Thrash TRIVIUM, c'est peu... Il aurait dû jouer 5 minutes de plus, mais il y a eu un décalage depuis Doro, il faut bien le rattraper quelque part, et c'est tombé sur Trivium. Pour ma part, je n'ai encore jamais eu l'occasion de voir ce que donne cette formation de Orlando (Floride, Etats-Unis) en live, et ce soir, je ne pourrai le vérifier que pendant un laps de temps très très court. 10 minutes, c'est bien peu, surtout pour un groupe qui compte pas moins de 9 albums, dont un sorti cette année, et qui porte pour nom "What the Dead Men Say". Je n'ai jamais beaucoup écouté Trivium, n'ayant pas tellement accroché dessus quand j'étais plus jeune. A voir si je change d'avis avec cette prestation dont je suis du coup curieuse de voir le résultat, même si je sais que ce sera court. Le groupe débute par le titre éponyme de son dernier album en date. Et malheureusement, je comprends très vite pourquoi je n'ai jamais creusé la discographie de Trivium. Cependant, je n'en dirai rien de négatif, car ce que ses musiciens proposent n'est pas inintéressant, c'est juste moi qui n'y accroche pas ;-) Et pourtant, j'accroche beaucoup à certains des groupes qui leur sont similaires, comme Killswitch Engage, mais ici il me manque un peu trop de mélodie pour que je puisse aimer véritablement. "Forsake not the Dream" est plus mélodique que le morceau précédent, mais je ne change pourtant pas d'avis, il me manque quelque chose dans ce que ce groupe propose, et j'en suis bien désolée.

LONG DISTANCE CALLING est un groupe dont, à l'image d'Eskimo Callboy que j'ai vraiment bien aimé, le nom ne me dit fichtre rien. Ma première impression sur la mise en place du décor pour ce groupe, c'est quelque chose de lunaire, surtout avec les images de l'espace affiché sur les écrans au fond de la scène, et la bande-son, si spatiale. Je comprends d'emblée pourquoi le groupe s'est nommé Long Distance Calling. A première vue, je me dis que ça peut être pas mal. Après vérification, je constate que ce sont des Allemands, un bon point pour eux ;-) Le batteur fait son apparition sur scène après 2 minutes d'intro, puis s'en suivront les guitaristes et le bassiste qui se mettront à jouer les uns après les autres. Musicalement, c'est plutôt lent, je me serais attendue à plus rapide. De l'Atmosphérique ? Non, pas tout à fait. C'est du Post-Metal instrumental en réalité, sur 3 albums sortis entre 2007 et 2011, et un dernier arrivé le 26 juin dernier, nommé "How do we Want to Live ?". A l'oreille, c'est apaisant, agréable même, comme un doux réveil après une bonne nuit de rêves. "Voices" et "Sharing Thoughts'" sont des titres à écouter d'urgence pour se faire une idée de ce qu'est Long Distance Calling ! Sur la scène, les musiciens sont comme transportés par la musique qu'ils jouent, c'en est hypnotisant. Un moment magique qui aura duré 50 minutes, et que l'on aurait aimé qu'il ne cesse pas !

Therapy?
Les membres de Therapy?

On ne présente plus THERAPY?, qui fête ses 30 ans d'ancienneté cette année. Comme je l'avais dit la première et dernière fois que je les ai vus en live (c'était lors du Wacken 2016), le problème avec les groupes qui opèrent dans l'Alternatif, c'est qu'il est difficile pour moi de tout aimer. Alors ici, tout comme Anthrax, les trois musiciens du groupe sont montrés chacun par une caméra différente. Mais ici, on peut se demander s'ils ne sont pas dans la même pièce d'une même maison. Le son n'est pas excellent malgré les installations que l'on peut voir autour d'eux. Comme la première fois que j'ai pu les voir en live, le premier titre ne passait pas bien, m ais le second titre allait. Et en fait, c'est tout ce que je pourrais en dire puisqu'ils n'ont joué que deux morceaux, pour une durée totale de... 5 minutes.

Nous voici arrivés au moment de l'intermède musical, durant lequel nous rencontrons plusieurs musiciens en solo :

BLACK STAR RIDER'S RICKY WARWICK, c'est avant tout Ricky Warwick de The Almighty et Thin Lizzy, et les membres de Thin Lizzy sous le nom Black Star Riders (parce qu'ils ne voulaient pas enregistrer leurs nouveaux morceaux sous le nom Thin Lizzy). Un joyeux bazar donc mais pour résumer tout ça simplement, Black Star Rider, il s'agit en fait de Thin Lizzy sous un autre nom. Voilà. Sauf que ce soir, nous n'aurons à l'écran que Ricky Warwick, avec sa guitare acoustique, pour nous jouer "The Killer Instinct" en toute intimité, ainsi que "In the Shadow of the War Machine".
DIAMOND HEAD'S BRIAN TATLER, c'est Brian Tatler, 60 ans, qui a créé un groupe nommé Diamond Head. Ce soir, comme pour Ricky Warwick, c'est seul qu'il jouera. Enfin, qu'il nous donnera une leçon de guitare en réalité ! Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on ne peut lui reprocher de ne pas savoir ce qu'il fait. Impressionnant !
MIKE LEPOND'S SILENT ASSASSIN, c'est Mike LePond, bassiste de Symphony X, et son projet solo. Ce soir, il propose une vidéo de 15 minutes, entre solos de guitare et causeries. On aura un petit couac au bout d'un moment, où le son disparaîtra, et l'image également ensuite avec un petit message de Magenta Musik 360 qui diffuse cette édition du Wacken World Wide pour nous indiquer un problème technique. Dommage !
On reprend directement avec SOEN'S CODY FORD, c'est Cody Ford, guitariste du groupe de Metal Progressif suédois Soen, fondé en 2004 par l'ancien batteur de Opeth, Martin Lopez. Cette fois, nous aurons un morceau complet de Soen, "Rival", avec vue sur Cody Ford et sa guitare électrique. Un morceau fort sympathique par ailleurs !
Puis ce sera au tour du nouveau clip de SCHANDMAUL, en collaboration avec DARTAGNAN, pour le titre "An Der Tafelrunde". Je connaissais déjà un peu Schandmaul, classifié Folk Metal tout comme Dartagnan que j'aurai découvert ce soir du coup. Le titre proposé est très chouette à l'oreille si on aime le Folk. Une belle découverte que ce duo entre ces deux groupes !

The Rise of Mictlan
Les membres de The Rise of Mictlan

THE RISE OF MICTLAN clôture cette première journée du Wacken World Wide, placée sous le signe de l'échauffement. Deux des membres du groupe expliquent tout d'abord comment un groupe de Black Metal aussi codifié en terme d'image tel que The Rise of Mictlan, qui pousse les frontières de l'imagerie très loin, est né de manière relativement douloureuse, dans un Mexico-City où la violence et le trafic de drogue font office de lois. Après cette longue présentation, nous entendons enfin ce que donne le groupe musicalement parlant, en plus de l'image, et ce pendant 20 minutes. Dès les premières secondes, outre les tenues, on se sent comme mal à l'aise en entendant le son émis par la petite flûte que tient le chanteur dans sa main droite. On devine d'entrée de jeu que ces musiciens ne feront pas de concession. C'est brutal, guerrier, martial presque. Et pourtant, on entend bien une mélodie plus rassurante derrière, jouée par l'une des guitares. L'espace qui sert de scène est si petit et si sombre que l'on se sent oppressé par cet ensemble musical, qui n'est pas dénué d'intérêt par ailleurs. Ce petit groupe doit encore grandir et s'améliorer, mais déjà, au sujet de la présence sur scène, ils y sont. The Rise of Mictlan est une curieuse découverte à faire, et à voir évoluer, clairement !

JEUDI 30 JUILLET 2020

Pour cette seconde journée du Wacken World Wide, on entame les hostilités avec les Allemands de MESSTICATOR, qui pour le coup est vraiment un groupe inconnu (459 followers sur Instagram et 1506 mentions J'aime sur Facebook avant qu'ils ne passent). Il s'agit d'un groupe de Death 'n' Thrash allemand, et ils sont trois : un chanteur-bassiste, un guitariste et un batteur. Musicalement, c'est un vrai mix entre Death et Thrash en effet, et forcément, pour moi, ça ne passera bien que pour une petite minorité de passages (comme le solo de guitare du dernier morceau qu'ils ont joué). En tout cas, ça met dans l'ambiance direct pour la suite !

On enchaîne sur la petite histoire de la création du W:O:A, avec des images remontant à la première édition en 1990, avec Skyline en unique tête d'affiche, puis d'autres images de 1993 avec Doro qui a eu du mal à trouver les lieux, puis de 1996 avec Böhse Onkelz devant un public grandissant d'année en année. On découvre des images de l'époque, très touchantes puisque l'on constate que tout est parti de vraiment rien. Un petit reportage fort intéressant, qui montre sans filtre la création compliquée, au milieu d'un petit champ à ses débuts, de ce qui est aujourd'hui le plus important des festivals Metal d'Europe.

Deine Cousine
Les membres de Deine Cousine

Le prochain live est celui du groupe DEINE COUSINE, un groupe allemand comme Messticator, et quasiment inconnu aussi. Eux évoluent dans un domaine plus Hard Rock avec une pointe de Punk, le tout avec une chanteuse, et ils ont décidé de jouer sur une péniche qui vogue sur l'Elbe à travers Hambourg. Ils débutent avec un "Küss Mich" qui met de bonne humeur d'emblée, et en fait, tous les morceaux prêtent à sourire (dans le bon sens du terme). Ce genre de groupes est toujours accessibles pour tous les types d'oreilles, et l'énergie déployée par la chanteuse qui ne reste absolument jamais en place, a de quoi faire bouger n'importe qui ! "Unkaputtbar" et "Attacke" sont des titres très sympa notamment ! En tout, 40 minutes de bonne humeur, merci à Deine Cousine pour ça !

CRITICAL MESS, encore une fois des Allemands, existe depuis 2012 et compte à ce jour deux albums de Death Metal, dont un sorti l'an dernier qui se nomme "Man Made Machine Made Man". Ici aussi on a une chanteuse, qui porte pour nom Britta Görtz, mais pas vraiment dans le même style musical. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ça change du groupe précédent ! Oh elle a du coffre la d'moiselle, sacrément d'ailleurs ! Mais là, ça ne passe pas du tout pour moi. Ce set est court, un petit quart d'heure, ce qui je dois le dire, m'arrange bien.

Foreigner
Les membres de Foreigner

FOREIGNER est le premier nom véritablement connu de ce second jour du Wacken World Wide. Avec pas moins de 44 ans d'activité, ils n'ont plus à faire leurs preuves, puisqu'ils ont vendu plus de 50 millions d'albums de par le monde. J'ai eu l'occasion de les voir en live lors du Hellfest 2016, ils débutaient l'une des journées, devant un parterre de fans pas franchement réveillé. Cette année, je ne vais pouvoir comparer cet aspect malheureusement. Ils débutent avec un "Hot Blooded" tout en finesse car en version acoustique, en écran splitté chacun dans son coin. S'en suit une archive en salle avec un public pour "Urgent", un titre très sympa qui date de 1981, puis "Juke Box Hero". Foreigner, ça s'écoute bien, mais je regrette que le groupe ait choisi de montrer davantage d'archives que de vidéos inédites comme pour "Hot Blooded".

ALICE COOPER, on ne le présente plus non plus du haut de ses vénérables 72 ans. Déjà vu avec les Hollywood Vampires lors du Hellfest 2018, ce jour c'est avec son propre groupe qu'on le retrouve pour une durée de 65 minutes, et il s'agit d'une archive du W:O:A 2013. Ils débutent avec l'un de leurs titres les plus connus datant de 1972, "School's Out", en écran splitté. "Don't Give Up" s'en suit avant de passer sur de l'archive pour "Welcome to my Nightmare" sur l'une des grandes scènes du Wacken en 2013. Seront ensuite joués "Go to Hell", "He's Back", "Feed My Frankenstein" avec une superbe mise en scène, "Ballad of Dwight Fry" chanté en camisole et avec une chouette mise en scène également, puis "Killer" et "I Love the Dead" pour lesquelles il passe sous la guillotine. On continue avec un ensemble de reprises, à commencer par "Break on Through (to the Other Side)" des Doors, "Revolution" des Beatles, "Foxy Lade" de Jimi Hendrix, et "My Generation" de Keith Moon. On revient ensuite sur des titres d'Alice Cooper tels que "I'm Eighteen", un titre de 1970, mais aussi et bien sûr "Poison" avant de revenir sur "School's Out" et de terminer sur "Another Break in the Wall" des Pink Floyd. Il faut le dire, même s'il est regrettable qu'Alice Cooper ait fait le choix de présenter principalement une archive plutôt que de l'inédit, ses spectacles en public valent la peine d'y jeter un oeil !

Heaven Shall Burn
Les membres de Heaven Shall Burn

Nous assistons enfin au premier live XR, ce dispositif spécial mis en place pour le Wacken World Wide dont je parlais en intro de cet article. Et cela va se passer avec HEAVEN SHALL BURN, après une petite interview de deux de ses membres par le présentateur du Wacken World Wide, Markus Kavka. Formé en 1996, ce groupe officie dans le Melodic Death, avec une pointe de Metalcore, et compte à ce jour 9 albums, le dernier étant sorti cette année ("Of Truth & Sacrifice"). Mais tout d'abord, qu'est-ce qu'un live XR ? C'est ce qu'ont mis en place les équipes du W:O:A avec Magenta Musik 360 pour cette édition du Wacken World Wide. Il s'agit d'une salle assortie d'une réalité virtuelle, de sorte que l'on a l'impression qu'un public est présent pour voir jouer le groupe sur l'une des grandes scènes du W:O:A, on peut même l'entendre entre les morceaux, on se croirait en extérieur et c'est bluffant ! On peut même apercevoir les tentes du "World Camp" au fond du "public", et les effets pyrotechniques ajoutés en informatique rendent bien aussi. Cela donne une dimension toute particulière à ce live, premier de la série des lives XR de cette édition du Wacken World Wide, premier car Heaven Shall Burn ne sera pas le seul groupe à en profiter. On en vient à oublier rapidement que le groupe est tout seul. "Endzeit" (2008) débute le set de la formation, sur les chapeaux de roue. On enchaîne sur "Voice of the Voiceless" (2004) puis un "Protector" issu du dernier album en date qui s'avère être un titre très efficace, avec la même énergie. Je connaissais peu ce groupe, mais c'est sympa en "live", d'autant plus que le leader Marcus Bischoff fait comme si le public était là, ce qui donne un réel aperçu du rendu lors d'un véritable live. Ce soir, les membres de Heaven Shall Burn jouent pour une durée de 55 minutes, ni trop, ni trop peu, pour se rendre compte que musicalement, c'est pas mal du tout ! Mention spéciale à "Combat" (2010), un excellent morceau !

On enchaîne avec mes chouchous d'IN EXTREMO, l'une des plus grosses références du Folk allemand, en live XR également ! Découverts complètement par hasard à l'occasion du M'Era Luna 2006 où j'étais présente et dont je garde encore un souvenir impérissable même après 14 ans, je les ai revus pour leur premier passage en tant que tête d'affiche en France (c'était en mars 2007 à l'Elysée Montmartre), puis en décembre 2008 à Vauréal (78), avec Die Apokalyptischen Reiter, un concert dont je n'avais pas fait de report. J'ai pu les revoir pour le Wacken 2015, et depuis, plus rien. Donc j'ai hâte de les retrouver ! Cette année, ils ont un 13ème et nouvel album à défendre, "Compass Zur Sonne", sorti le 27 mars dernier. Le set de ce soir débute, après une intro bien sûr résolument Folk, avec le très reconnaissable "Mein Rasend Herz" de l'album du même nom sorti en 2005. C'est la première fois que je ne vois pas l'éternel drakkar derrière le groupe, même dans une salle aussi petite que le forum de Vauréal, ils en avaient quand même affiché la partie centrale. Mais ils sont là tous les 7, et c'est le principal. A signaler, il n'y a jamais eu le moindre changement de line-up depuis la création du groupe en 1995. On enchaîne sur le single "Feuertaufe" (2013) puis "Störtebeker" (2016). Enfin, après quelques paroles du Letzte Einhorn comme il aime se faire appeler, le leader de la formation, nous entendons un premier extrait du petit dernier, "Kompass Zur Sonne", à savoir le titre éponyme, suivi par "Troja". On revient ensuite sur de l'ancien avec le titre "Unsichtbar" (2011), suivi par "Frei Zu Sein" (2008). Le groupe est bien décidé à proposer un panel de titres de chacun de ses albums. Et bien sûr, après l'intro habituelle de Dr. Pymonte à la harpe qui laisse deviner le titre qui arrive pour ceux qui connaissent bien le groupe, on arrive sur l'un de leurs morceaux les plus connus d'In Extremo, "Vollmond". On enchaîne sur un "Merseburger Zaubersprüche" (1998), tout en douceur, puis dans sa continuité, "Liam" (2005), suivi par une série de titres de "Quid Pro Quo", l'avant-dernier album du groupe sorti en 2016, à commencer par l'éponyme, suivi de "Moonshiner", "Sternhagelvoll" et "Pikse Palve". Au final, un set marqué surtout par des titres de l'avant-dernier album (auquel je n'ai que moyennement accroché malheureusement), tout en présentant bien sûr le dernier-né du groupe, et une volonté de garder certains anciens dont la présence en live est indiscutable. Vivement la prochaine, mais cette fois, j'espère avec "Wind", "Herr Mannelig" et "Küss Mich" qui, je trouve, ont manqué cruellement ce soir !

Nightwish
Les membres de Nightwish

C'est au tour de NIGHTWISH à présent, qui propose une archive du W:O:A 2018. J'avoue que depuis le départ forcé de Tarja Turunen en 2005, j'ai petit à petit lâché le groupe, surtout avec l'arrivée d'Anette Olzon dont je n'ai pas réussi à me faire à la voix (pour un groupe tel que Nightwish en tout cas, car elle chante très bien !). C'est un ancien titre, "Gethsemane" (1998), qui ouvre le bal avec Floor Jansen (ex-After Forever) au chant. C'est la première fois que je l'entends en live avec ce groupe, alors forcément cela sonne étrange à mes oreilles de ne pas entendre Tarja sur ce titre. "Elan", le second morceau, venu de l'album "Endless Forms Most Beautiful" (2015), passe nettement mieux pour moi, ayant été enregistré avec elle ! J'avais eu l'occasion de regarder le clip au moment de sa sortie et j'avais trouvé le morceau plutôt pas mal. Pour "Amaranth" (2007), chanté à l'origine par Anette Olzon, la voix de Floor dénote moins que pour "Gethsemane", mais ne m'évoque pas plus le Nightwish que je connais (c'est ce que je reproche énormément au fait d'avoir choisi Anette Olzon justement). "I Want my Tears Back" est un morceau que je ne connais pas, n'ayant pas écouté "Imaginaerum" (2011). Je me suis en effet arrêtée au précédent, "Dark Passion Play" (2007), avec la déception de constater que le groupe changeait complètement de voie. Pour revenir à ce titre, je dois reconnaître qu'il est vraiment très bon, mais comme pour "Amaranth", venant de Nightwish, je le trouve hors-sujet. Je dois devenir trop vieux-jeu avec ce groupe, et je vous en apporte mes excuses. "Devil and the Deep Dark Ocean" (1998) qui suit, rappelle ce que je pense être la bonne époque de Nightwish et fait plaisir à entendre, avec un Marco Hietala en pleine forme derrière son micro, basse à la main. "Nemo" (2004) et "Slaying the Dreamer" (2002) également sont un régal pour les oreilles, et Floor s'en sort très très bien. "The Greatest Show on Earth" (2015) que je découvre aujourd'hui, est une bonne découverte qui rappelle l'ancien Nightwish. Pour résumer l'ensemble de cette prestation, Floor Jansen me convainc bien plus que la précédente interprète du groupe, et c'est déjà un bon point ! Et quelle surprise d'entendre un "Ghost Love Score" (2004) magistral pour finir ce live ! Chapeau bas à Floor !

Le Finlandais MICHAEL MONROE prend la suite. Le chanteur de Hanoi Rocks, qui a splitté il y a 12 ans, a décidé de continuer en solo et a sorti l'an dernier son 10ème album sous son nom propre, nommé "One Man Gang". Les 58 ans de ce multi-instrumentiste (il touche à tous les instruments, du clavier à la guitare en passant par la basse et la batterie, et même le saxophone ainsi que l'harmonica !) ne se voient absolument pas quand débute "This Ain't no Love Song" (2015), le premier titre. C'est énergique, ça bouge dans tous les sens, et en plus ça met de bonne humeur ! Que demander de mieux ? On passe un très bon moment devant cette prestation, même si elle est malheureusement un peu trop courte (juste un quart d'heure).

Alcatrazz
Les membres d'Alcatrazz

ALCATRAZZ est un groupe américain de Heavy Metal traditionnel qui existe depuis 1983 avec Graham Bonnet au chant (ex-Rainbow entre autres). Eux aussi jouent pendant 15 minutes. Les 5 membres du groupes se sont donné rendez-vous chacun dans un lieu différent (on peut dire ça ? Non ? Ah...), et nous propose une prestation avec écran splitté ce soir. C'est avec le récent "Body Beautiful", titre du dernier album en date, qu'ils entament les hostilités. Ils nous proposeront quelques autres morceaux, dont un "Polar Bear" (2020) mémorable notamment grâce à son solo de guitare, tous aussi sympa les uns que les autres ! Ce quart d'heure est bien trop court pour pouvoir profiter pleinement d'un groupe avec une carrière telle que l'a Alcatrazz, mais aura eu le mérite de faire découvrir ce nom à ceux qui ne le connaissaient pas encore.

On termine cette journée avec RUSSKAJA, groupe de ska-punk russe créé en 2005 en Autriche (oui, faut suivre). Ce sont des habitués du W:O:A, ils ont participé aux éditions 2011, 2012, 2013, 2014 et 2017. Mais personnellement, je ne les connais que parce qu'ils ont participé sur un morceau du dernier album d'In Extremo que l'on a vu un peu plus tôt ce soir. Ils ont sorti leur 6ème album, "No One is Illegal", l'année dernière. Dès le premier titre, "Here is the News" extrait de ce dernier album, on comprend que la dimension Ska est très présente dans la musique de ce groupe, on pourrait même presque parler de Polka Metal en fait. Car en plus des rythmiques, le tout sonne très russe grâce au violon et à la trompette, malgré des paroles en anglais (avec un gros accent cela dit). "Psycho Traktor" débute presque comme une blague, surtout à la façon dont le chanteur du groupe l'annonce. On sent que les membres de Russkaja aiment rigoler, mais tout en gardant un côté très sérieux qui surprend. L'ensemble fait vraiment sourire, surtout lorsque l'on entend des titres comme "Energia" (2013) ! C'est une découverte étonnante, et c'est pour voir des curiosités comme celle-ci que je m'intéresse beaucoup aux festivals ;-)

VENDREDI 31 JUILLET 2020

Verderver
Les membres de Verderver

On commence cette 3ème journée avec VERDERVER, un groupe tout nouveau dans les bacs puisqu'il a sorti son premier album, "Weltunter", en ce début d'année. Cependant, ses membres ont déjà effectué pas mal de lives depuis 4 ans, ils sont donc logiquement rodés pour la scène, et ils bénéficient de 35 minutes aujourd'hui pour nous montrer ce qu'ils valent. Le groupe a une imagerie très personnelle, intégralement en noir et blanc (surtout en noir à vrai dire). Les membres débutent sur le titre "Vakuum", avec une énergie débordante. Musicalement, il faut aimer, surtout le chant qui oscille entre chant Death très grave et Black très aigu. A noter, le groupe est composé de deux guitaristes, d'un bassiste et du chanteur, mais aucune trace d'une batterie (au vu des photos sur leur page Facebook, il n'y aurait effectivement pas de batteur). Le son n'est pas des meilleurs pour se rendre compte de ce jouent les musiciens, le micro du chanteur étant réglé trop haut, il étouffe ce que jouent ses comparses. "Karteileiche", le dernier morceau que le groupe jouera, est un titre intéressant qui aura eu tout de même le mérite d'attirer mon attention.

THUNDERMORTHER, groupe suédois de Hard Rock très classique créé en 2009 entre 5 femmes, prend la suite. Un split quasi complet est survenu en 2017, et 4 des 5 membres originelles sont parties, laissant la créatrice de la formation Filippa Nassil toute seule. Depuis, elle a retrouvé 3 nouvelles membres, et c'est reparti. Pour l'anecdote, le groupe a déjà participé au W:O:A en 2017. Musicalement, c'est le jour et la nuit avec Verderver, et à choisir, je préfère largement ce que j'aurai entendu avec ce groupe de Hard. C'est énergique et ça met de bonne humeur ! A ce jour, Thundermother a sorti 4 albums dont un petit dernier cette année nommé "Heat Wave". Il s'agit là d'une bonne petite découverte pour moi, même si ici, je n'aurai rien entendu de très original, ça passe comme une lettre à la poste, et la voix de Guernica Mancini passe à merveille. Merci pour cette bulle de fraîcheur ! Si je devais vous conseiller un titre joué lors de ce set, ce serait "Whatever" (2018).

John5
John5

JOHN5, un ancien membre de Marilyn Manson dont il a gardé le nom de baptême (il était le 5ème membre du groupe et ne savait quel nom se donner pour correspondre à ceux des autres membres du groupe, liant le nom d'un serial-killer avec celui d'une starlette, finalement c'est Manson lui-même qui l'a nommé ainsi), et actuel guitariste de Rob Zombie, vient nous offrir un petit moment d'intimité chez lui, en commençant par nous donner une petite leçon de guitare ainsi que de chouette anecdotes. Nous avons même le droit à une visite de sa maison. Je jure qu'il n'est pas fan du tout fan de Kiss ! Non non, vraiment, rien du tout n'est estampillé Kiss chez lui, même pas ses flippers :D Il termine son speech en nous proposant une création personnelle nommée "Zoinks!". En l'entendant jouer, on en vient à se demander pourquoi il est entré dans le groupe de Marilyn manson, car clairement, ce n'est pas dans ce groupe-là qu'il aurait pu nous montrer l'étendue de son talent (en plus, il ne s'entendait pas avec le Révérend).

ALLIGATOAH, que je ne connaissais jusqu'ici que de nom, débute réellement les hostilités de cette troisième journée. Lukas Strobel de son vrai nom, est un artiste de 30 ans qui évolue dans le Hip-Hop et le Rap. Il a créé deux personnages, tous deux incarnés par lui-même, pour donner corps à Alligatoah. A ce jour, il a sorti 5 albums, et on a 35 minutes pour se faire une idée de ce que vaut cette formation musicalement. Ca débute avec "Du Bist Schön", à grands renforts d'effets lumineux à travers les fenêtres de la maison dans laquelle il joue avec ses musiciens. Etonnamment, l'intro est très mélodique pour un artiste de Rap / Hip-Hop. En fait, il se met à rapper pendant les couplets, et chante lors des refrains (avec une belle voix en plus, qui n'est pas sans rappeler ce que peut nous proposer un certain Serj Tankian). C'est que c'est pas mal, ce qu'il nous fait ! Quand la caméra entre enfin dans la maison, on peut constater que tous les membres du groupe sont en peignoir jaune poussin, hormis la seconde voix du groupe, et Lukas Strobel qui porte une tenue... plutôt ridicule, avec des bretelles qui lui remontent le pantalon (jaune, forcément) plus que de raison. "Fick Ihn Doch" et "Lass Liegen" sont tous deux sur la même lignée que le titre joué pour l'ouverture, et je découvre là un artiste, qui n'est pas le premier que j'entends à mélanger Metal et Rap, mais qui fait sans doute partie de ceux qui le font le mieux. "Ein Problem Mit Alkohol" est un titre que j'aurai vraiment bien aimé durant ce set. Une bonne découverte que cet artiste atypique, qui termine son set avec son titre le plus connu, "Willst Du".

Arch Enemy
Les membres de Arch Enemy

J'ai déjà pu voir ARCH ENEMY lors du W:O:A 2015 pour lequel je n'avais pas fait de report, du W:O:A 2016 (ce fut d'ailleurs le groupe qui m'aura le plus marquée sur cette édition) et du Hellfest 2018. Depuis, j'ai ENFIN un peu creusé la discographie du groupe, et c'est pas mal, même si elle ne fait pas partie de mes préférées. Arch Enemy a décidé de nous proposer aujourd'hui leur set fait lors du Wacken 2016, je vous renvoie donc dessus.

IRON MAIDEN a décidé, pour sa part, de proposer la mémorable prestation qu'ils ont faite lors du W:O:A 2016, un live qui devait à l'origine n'être diffusé qu'une seule fois, et en direct. C'est donc un chouette cadeau qu'ils font là pour ceux qui ont raté cet événement qui remonte à déjà 4 ans. Y ayant assisté cette année-là, je vous renvoie donc sur le report qui se trouve dans cet article. Autrement, je peux vous proposer le report que j'ai fait pour leur prestation au Parc des Princes en juin 2005

Beyond The Black
Les membres de Beyond The Black

Après une petite interview de ses membres, c'est BEYOND THE BLACK qui démarre en live XR ce soir ! Avec un nouvel album sorti il y a peu, "Horizons", le groupe allemand créé en 2014 se fait une place de choix dans le monde du Metal Symphonique. J'ai eu le loisir d'écouter cet album et, vraiment, il est bon ! Beyond the Black a pris pour habitude de nous proposer un nouvel album chaque année, et chacun d'entre eux s'avère être meilleur que le précédent. J'avais déjà eu l'occasion de voir la chanteuse de la formation en live, lors du Wacken 2015, je lui avais d'ailleurs décerné une mention spéciale pour la qualité de son chant. Du coup, je suis contente de la voir performer avec son groupe ce soir. On débute avec le très bon "Horizons", extrait du dernier album du même nom, mais avec un léger souci de micro pour la chanteuse (on entend mieux les musiciens qui font les choeurs). On enchaîne sur "Golden Pariahs" du même album. Le groupe est scéniquement très en place et comme en 2015, j'apprécie tout particulièrement la prestation de Jennifer Haben, mais également celle de tous les musiciens qui s'en sortent très bien. On aura droit à des titres un peu plus anciens tels que "In the Shadows" (2015), titre durant lequel la technologie mise en place par les équipes du W:O:A avec Magenta Musik 360 permettra d'intégrer parmi le public des écrans montrant les fans depuis chez eux. Cela rajoute une part de réalité au milieu de l'imaginaire créé en guide de public, et ça c'est top ! Pour résumer ce qu'il faudrait retenir de Beyond the Black, c'est que ce jeune groupe mérite amplement d'être encouragé, il a toutes les qualités pour aller loin ! Mention spéciale pour l'interprétation de "Human", un titre que je trouve vraiment puissant. Et la petite touche finale, le guitariste qui jette son mediator dans le "public" :D Mais aussi, et surtout, le véritable salut final de la part du groupe, qu'aucun n'avait encore fait en live XR. Et même si le public n'a pu être présent, ce fut tout de même une excellente prestation !

Le groupe de Heavy-Speed allemand BLIND GUARDIAN que l'on ne présente plus depuis sa création en 1984, récupère la place du groupe précédent et sera donc également en live XR. Ils ont sorti leur 11ème album, "Twilight Orchestra : Legacy of the Dark Lands", en 2019. Déjà vus lors du Wacken 2016 où ils m'avaient laissé une très bonne impression, j'attends forcément du lourd ce soir. Le set débute par une vidéo guerrière sur fond audio tout aussi guerrier, nous plongeant immédiatement dans l'univers du groupe, très inspiré de celui de Tolkien. Puis les premières notes de "Into the Storm" (1998) arrivent et l'on peut enfin voir le groupe sur la scène pour ce live XR. On continue avec "Welcome to Dying" (1990) sur la même lancée énergique du morceau précédent. Blind Guardian, en live avec ou sans public, c'est très sympa et entraînant ! Sans public, forcément la symbiose dont je parlais en 2016 n'est pas au rendez-vous, mais je ne change pas d'avis en ce qui concerne tous ces refrains qui peuvent chacun faire office d'hymne, ni sur les envolées de riffs de guitare tous plus efficaces les uns que les autres. Et même si les membres n'ont pas souhaité mettre en avant leur dernier album comme ils le font le plus souvent, préférant ce soir jouer un ou deux titres de plusieurs de leurs albums, ils sont tout de même sacrément au top !

Volbeat
Les membres de Volbeat

Ce sont les Danois de VOLBEAT qui nous sont présentés maintenant. Formée en 2001, cette formation a su se faire une bonne place dans le coeur de beaucoup de Metalleux, et évolue dans le Heavy avec une pointe de Rockabilly. Ce soir, ils nous proposent 20 minutes d'archive du W:O:A 2017. Ce groupe s'écoute très bien, et n'est pas sans rappeler les Offspring, mais aussi tout plein d'autres formations que j'aime beaucoup. Pour ma part, ce sera un groupe dont j'irai creuser la discographie avec grand plaisir ! Dommage que nous n'ayons eu que 20 minutes du set.

ROSS THE BOSS est le guitariste originel de Manowar. A ce jour, sous son nom solo, il a sorti 3 albums depuis 2006 : "New Metal Leader" (2008), "Hailstorm" (2010) et "By Blood Sworn" (2018). On débute avec un "Kill with Power" sur les chapeaux de roue ! On peut dire que ça réveille, surtout avec le volume qui a été augmenté entre Volbeat et Ross The Boss ! Autrement, ça se laisse écouter, ça ressemble beaucoup à du Manowar par contre ! A noter : c'est Mike LePond, déjà vu le premier jour de cette édition du Wacken World Wide, qui assure la basse dans ce groupe-là. A la sortie de ce set, c'est de la satisfaction que l'on ressent car c'est franchement sympa à voir et à écouter, mais le sentiment de trop court est malheureusement présent : seulement 30 minutes, pour fini avec un "Hail and Kill", repris de Manowar, excellent !

Fiddler's Green
Les membres de Fiddler's Green

FIDDLER'S GREEN est un groupe de Folk Rock allemand né en 1990, pour un son résolument orienté musique irlandaise, le tout sur un rythme rapide. Avec pas moins de 14 albums au compteur, il a dû être difficile pour ses membres de choisir de quoi combler seulement 20 minutes de prestation. Quand débute "The Freak of Enniskillen", on comprend de suite qu'on a mis les pieds dans un univers à la Flogging Molly, ce qui n'est pas pour me déplaire. Avec une contrebasse, un accordéon, une chemise à carreaux rouges et noire pour le violoniste, et un béret pour le batteur, on pouvait s'attendre difficilement à quelque chose d'autre qu'à une musique qui donne résolument envie de tourbillonner dans tous les sens. C'est un moment très agréable que nous propose Fiddler's Green, et on sait d'avance que les 20 minutes vont être beaucoup trop courtes pour finir son pichet de bière et remercier le tavernier comme il se doit ! Ecoutez donc "Down / The Wind that Shakes the Barley", reprise libre de "Bella Ciao", si vous voulez vous faire une idée de l'univers de Fiddler's Green.

C'est le Danois JESPER BINZER qui clôture le dernier quart d'heure de cette troisième journée du Wacken World Wide. Chanteur et guitariste de DAD (Disneyland After Dark de son nom entier), groupe fondé en 1982, en solo il est à la tête d'un unique album, sorti en 2017, nommé "Dying is Easy". Le set , qui sera extrêmement court puisque composé de seulement deux morceaux, débute avec "The Future is Now", soit un bon morceau de Hard Rock comme il ne s'en fait plus que trop peu aujourd'hui. Quant à "Premonition", le second titre joué, il s'agit vraiment d'une belle ballade. On ressort de ce duo de titres avec la frustration de ne pas en avoir eu davantage, mais rien n'empêche de creuser l'album de Jesper Binzer ;-)

SAMEDI 1er AOUT 2020

Budderside
Les membres de Budderside

Cette dernière journée du Wacken World Wide débute avec un quart d'heure de BUDDERSIDE, un groupe relativement similaire à Jesper Binzer. Pour la petite anecdote, ils ont été signés par Lemmy Kilmister lui-même, et ils ont fait 3 fois le tour des Etats-Unis avec L.A. Guns. Mais avec un unique album sorti en 2017, pour lequel les membres ont décidé de lui donner le nom du groupe, ils ont encore tout à prouver pour se faire une place dans le coeur des Metalleux, puisqu'ils sont encore inconnus de la scène musicale. Aujourd'hui, le Wacken World Wide leur donne une chance de se faire, peut-être, un nom. Le groupe débute son set avec le titre "Wide Awake", au refrain intéressant bien que classique. "Amber Alert" conforte ce positionnement Hard Rock du groupe, toujours peu original mais tout de même sympathique à écouter. Techniquement, tous les membres du groupe sont en place, on sent qu'ils ont envie de proposer quelque chose qui soit d'un bon niveau. Le tremplin dont ils bénéficient aujourd'hui pourrait leur apporter une poignée de fans supplémentaire, d'autant plus que la voix de Patrick Stone, le chanteur de la formation, est pas mal du tout.

On enchaîne sur un quart d'heure pour MISTER MISERY, groupe de Horror Metal fondé en 2018. Eux aussi n'ont qu'un album à leur actif, qu'ils ont nommé "Unalive", sorti en octobre 2019. Bien sûr, comme toute formation de Horror Metal qui se respecte, l'imagerie digne d'un film d'horreur est bien présente, basée essentiellement sur un maquillage à la The Crow, un décor en rouge et noir et des masques de clown accrochés aux pieds des micros. "You and I" débute ce set, de manière très efficace et avec un refrain accrocheur. Les titres suivants montrent une construction similaire, faite d'une grande violence durant les couplets, pour un brin de douceur pendant les refrains chantés en voix claire. C'est plutôt agréable à entendre, mais également à voir puisque les membres sont à l'aise, et n'hésitent pas à jouer avec la caméra sur les premières notes de "Tell me How", au point qu'on pourrait croire à un clip.

Powerwolf
Les membres de Powerwolf

Voilà un groupe que j'aime vraiment beaucoup : POWERWOLF ! Depuis que ce groupe est passé pour la première fois dans mes petites esgourdes en 2011, j'ai pu découvrir avec joie ce qu'il donne en live avec le Hellfest 2017, un set durant lequel ils m'ont tout bonnement scotchée, et j'ai pu les revoir lors du W:O:A 2019 pour une prestation tout aussi mémorable avec un public d'enfer ! Aujourd'hui, ils nous proposent justement une archive de cet excellent moment. Je vous renvoie donc sur mon article du Wacken 2019, qui met en exergue ce spectacle qui fut de grande qualité !

Ce sera également une archive pour les légendaires JUDAS PRIEST qui fêtent cette année leurs 50 ans de carrière (sur fond de Coronavirus, c'est tellement bête...). Aujourd'hui, ils ont décidé de nous envoyer leur performance lors du W:O:A 2015, qui fut filmée pour le DVD / Blu-Ray "Battle Cry". Le set démarre avec "Dragonaut" de l'album "Redeemer of Souls" (2014), avec un Rob Halford très en forme, et les autres membres du groupe ne sont pas en reste ! S'en suit "Metal Gods" de l'album "British Steel" (1980). L'introduction de "Devils Child" de l'album "Screaming for Vengeance" (1982) montre une fois de plus, si besoin en était, que la base de Judas Priest est constituée d'un duo de guitares lead, chose quasiment inédite lors de la création du groupe (et aujourd'hui encore, peu le font, à l'image d'Iron Maiden ou encore Saxon). Durant ce set datant de 2015, on se rend rapidement compte que le groupe a décidé de donner un aperçu de chacun de ses albums, mais en mettant tout de même un peu en avant le dernier-né de cette époque : "Redeemer of Souls", avec 3 morceaux joués dont le titre éponyme. C'est dans leurs habitudes et de fait, le groupe nous propose aussi des titres d'anthologie indémodables, tels que "Turbo Lover" de l'album "Turbo" (1986), "Jawbreaker" de "Defenders of the Faith" (1984) ainsi que "Breaking the Law" de "British Steel" (1980) et "Painkiller" de l'excellent album du même nom (1990). Il en ressort un très bon moment live, ce dont on ne peut douter avec un groupe tel que Judas Priest de toute façon ! Pour finir, je préciserai que le groupe prépare actuellement la sortie de son 19ème album.

Hämatom
Les membres de Hämatom

Le premier live XR de ce dernier jour du Wacken World Wide est pour HAMATOM, un groupe allemand de Groove Metal créé en 2004 plutôt original que j'ai pu découvrir lors du Wacken 2016. Ils n'avaient alors joué que 25 minutes, et c'était avec frustration que je les avais quittés car j'avais beaucoup aimé l'imagination déployée pour de ce qu'ils avaient proposé. Du coup, je m'étais retranchée sur leur discographie, et j'y avais trouvé de chouettes morceaux. Aujourd'hui, ils jouent pour une durée de 65 minutes, ce qui est bien mieux ! Pour résumer ce qu'est Hämatom, musicalement, c'est tout une mixture entre plein de choses ! La base, c'est du Neue Deutsche Härte, un style musical purement allemand dans lequel on peut caser Rammstein, Oomph! ou encore Megaherz, un style assez codifié auquel les membres de Hämatom ont ajouté une touche personnelle qui rend leur musique de fait très reconnaissable, avec une touche de Nu Metal, des passages plus Black Metal, et par moments un peu de Sympho, et le mélange de tout ça est détonnant ! A ce jour, le groupe compte 8 albums studio, dont un dernier sorti en 2019, nommé "Maskenball". Le set débute avec "Anti Alles", pas le plus calme de leurs morceaux, histoire de nous mettre dans le bain direct. Ils ne sont que quatre, un batteur, un bassiste, un guitariste et le chanteur, mais je vous assure qu'ils font malgré tout bien du bruit ! "Wir Sind Keine Band", extrait du dernier album, est un excellent titre, en passant, ainsi que "Ich Hasse Dich Zu Lieben" de l'album précédent "Bestie Der Freiheit" (2018) ! Le groupe nous propose un petit inédit ce jour, auquel l'affiche au fond de la scène fait écho, "FCKCRN", qui signifie littéralement "Fuck Corona", un titre qui ne fait absolument pas tâche à côté des autres, bien au contraire ! Au final, il est comme je le pensais bien plus intéressant de voir un groupe de cette envergure sur un live d'une heure plutôt qu'à peine une demie-heure comme ce fut le cas en 2016. "Lichterloh" sera le seul titre calme de ce set, qui aura déménagé la grand-mère du bout de la rue jusqu'à la dernière note, avec un de mes titres favoris de ce groupe, "Wir Sind Gott" de l'album du même nom (2016) ! Merci pour cet excellent moment !

Le second live XR de ce jour est pour KREATOR. J'ai raté leur prestation pour le Hellfest 2017 car ils étaient passé vraiment très tard, et je devais la rattraper mais je n'en ai finalement pas trouvé le temps. Ce groupe de Thrash existe depuis 1982, on ne le présente donc plus avec ses 14 albums au compteur (le 15ème est prévu pour 2021, la nouvelle est connue depuis le 20 juillet dernier seulement). Le seul membre originel de la formation est Mille Petrozza, le chanteur, présent depuis le premier jour. Le groupe a en effet subi de nombreuses modifications de line-up depuis 38 ans. On ouvre le bal avec "Violent Revolution", extrait de l'album du même nom (2001), sur la scène XR. Le titre passe bien pour mes oreilles pourtant peu enclines à être attirées par le Thrash. On a ici une mélodie qui n'est pas faite pour me déplaire ! Si tous les morceaux du groupe étaient comme celui-ci, je pourrais dire que j'aime Kreator, mais pour en avoir déjà écouté pas mal, je sais que d'un titre à l'autre, ça passe ou ça casse pour moi. "Extreme Aggression" par exemple, second titre joué ce soir et extrait de l'album du même nom (1989), passe déjà moins bien. Mais il ne faut pas non plus cracher sur Kreator pour ça, n'oublions pas qu'ils font partie des pionniers du Thrash Metal allemand avec Sodom. "666 World Divided", troisième titre joué ce soir, est le titre éponyme du dernier album du groupe sorti en 2020. Il passe très bien je trouve, et ne fait que confirmer mon ressenti que je dois vraiment faire un tri dans la discographie de ce groupe plutôt que d'en jeter la totalité (chose que je n'ai jamais faite par ailleurs, mais je n'ai pour l'instant pas encore jeté une oreille sur tous les albums). Au final, bien que tous les morceaux que j'ai entendu ce soir ne m'ont pas plu, je reconnais que Kreator a d'excellentes qualités à défendre et qu'il vaut le coup d'en voir les membres sur scène. Et pour ma part, de ce soir, hormis les titres à la "Betrayer" (1989) et "Pleasure to Kill" (1986) qui me font fuir, je retiendrai le premier et le troisième titre joué, puis "Satan is Real" (2017), "Hail to the Hordes" (2017), ou encore "People of the Lie" (1990), soit la moitié du set je dirais.

Sabaton
Les membres de Sabaton

C'est un groupe que j'aime vraiment beaucoup qui débarque pour le prochain live XR :  les Suédois de SABATON ! Je les suis depuis leur premier album sorti en 2005. Vus pour la première fois à l'Elysée Montmartre en janvier 2007 puis au Nouveau Casino de Paris en octobre 2010 (où nous avions failli faire tomber le lustre tellement tout le monde sautait partout, et j'en avais par ailleurs ramené la setlist), je les ai retrouvés avec grand plaisir pour le Wacken 2015, le Hellfest 2017 et le Rock Am Ring 2019, je ne me lasserai jamais de la bonne humeur si communicative de Joakim Broden, qu'il aura ce soir bien du mal à transmettre au public virtuel malheureusement. Je m'attendais à quelques surprises niveau virtuel malgré tout et en effet, la première chose qui dénote des autres live, c'est la présence d'un décor en ruines encore fumantes derrière la scène. L'effet est fort sympathique ! Comme souvent, c'est "Ghost Division" de l'album "The Art of War" (2008) qui ouvre le bal, aussi efficace que d'habitude. On enchaîne sur "Great War", tout droit venu du dernier album sorti en 2019 du même nom, qui passe bien en "live". "The Attack of the Dead Men", du même album, s'en suit, les trois gratteux du groupe munis de masques à gaz, mais également Joakim (un lance-flammes en sus). Et d'ailleurs, on aura un peu de mal à entendre ce dernier, ce n'était sans doute pas la meilleure idée du siècle. Heureusement il retirera tout son attirail pour le titre suivant, qui est "Panzerkampf" (2008). "The Last Stand" (2016), un titre habituel en live, continue le show, suivi par le très efficace "The Red Baron", extrait du dernier-né du groupe. Comme d'habitude, Sabaton met toujours en avant le dernier album sorti, ce jour ne fait pas exception. On aura tout de même droit à d'autres anciens titres, comme "Carolus Rex" (2012) durant laquelle, pour une fois, Joakim et et les gratteux revêtent une chouette redingote bleue et jaune par-dessus leur habituelle tenue de combat. On revient ensuite sur le dernier album avec "Fields of Verdun", dont le clip a été réellement tourné à Verdun (les membres du groupe sont de grands amoureux des reconstitutions historiques). Bien sûr, le groupe nous gratifie de "Primo Victoria" (2005), ce titre qui a failli causer la chute du lustre du Nouveau Casino de Paris en 2010 ! Et même si ce titre est le plus habituel des lives de Sabaton depuis toutes ces années, Joakim a quand même trouvé le moyen de se planter dans ses paroles :p "Swedish Pagans" (2008) est jouée, selon le choix du guitariste Tommy Johansson qui a remporté sa battle de bières face à Joakim, qui s'est senti bien bête, et je pense encore plus quand ses musiciens lui ont collé leurs mediators sur la tronche :D On clôture ce show avec "Bismarck" (2019), puis une que j'aime énormément, "To Hell and Back" (2014), non sans une pointe de tristesse de quitter le groupe. Sabaton en live, c'est toujours de la bonne humeur, même sans véritable public !

S'en suit une archive de MOTORHEAD du W:O:A, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y avait du choix quant à l'année à prendre car Mötorhead, c'est pas moins de 9 participations entre 1997 et 2014, si on compte celle de 2013 qui fut avortée au bout de 7 titres pour cause de problème de santé pour Lemmy. C'est finalement la participation de 2011 qui nous est diffusée, avec le très regretté Lemmy Kilmister qui était en très bonne forme encore cette année-là. L'édition 2016 du Wacken avait été fortement marquée par une pluie d'hommages pour lui, qui est décédé 6 mois plus tôt (le 29 décembre 2015, j'avais rédigé un petit article de mon côté ICI). Aujourd'hui, forcément, il est moralement difficile de revoir des images de cette icône du "Rock 'n' Roll" comme il le disait si bien, mais cela fait plaisir de voir que le W:O:A ne l'oublie pas (ils n'en ont pas le droit de toute façon !). C'est donc une sélection de quelques-uns des morceaux joués lors du W:O:A 2011 qui nous est proposée ce soir, en commençant par "Over the Top" (1979), suivi par "One Night Stand" (2006), "Rock Out" (2008) puis l'habituel solo de guitare de Phil Campbell en milieu de set. On reprend sur "The Thousand Names of God" (2008), "I Know How to Die" (2010), "The Chase is Better than the Catch" (1980), "In the Name of Tragedy" (2004) suivi d'un solo de batterie, puis "Just 'Cos you got the Power" (1987), le très Rock 'n' Roll "Going to Brazil" (1991) puis viennent enfin les morceaux phares de Mötorhead, à commencer par "Killed by Death" (1984), "Bomber" (1979), "Ace of Spades" (1980) puis un "Overkill" (1979) explosif ! Des morceaux qui, comme beaucoup d'autres dans cette belle discographie, continueront sans aucun doute d'être écoutés encore longtemps à travers toute la planète !

Lordi
Les membres de Lordi

Et on termine cette édition du Wacken World Wide avec le trailer de l'édition 2021 du W:O:A, puis un petit moment avec le leader de LORDI, les légendaires gagnants de l'Eurovision en 2006 et dont je parle dans mon article sur l'Eurovision Song Contest. Pourquoi légendaire ? Eh bien, tout simplement parce que, ils n'ont pas été le premier groupe de Metal à participer à ce concours, mais ils ont été le premier ET le dernier groupe de Metal à le remporter, et avec le record absolu en terme de nombre de points ! Bon, il faut tout de même savoir que Lordi n'a pas été créé pour les besoins de l'Eurovision en 2006, la création de ce groupe remonte en réalité à 1992 et en est à ce jour à son 11ème album, "Killection", sorti il y a peu. On découvre que Mr Lordi, leader du groupe, est tout aussi fan de Kiss qu'un certain John5. On découvre également un extrait de la toute première démo de Lordi, vraiment très très court mais qui donne une idée de ce que donnait le groupe à ses débuts (une bouillie informe en fait). C'est l'occasion d'en savoir un peu plus sur l'univers de Mr Lordi. Il faut savoir par exemple qu'il a donné son nom à une boisson (Lordi Cola), et même à une place du marché à Rovaniemi (en Finlande bien sûr). Heureusement, tout ça se termine tout de même en musique, avec par exemple "Get Heavy" (2002), un titre déjà bien connu de ceux qui sont allés creuser la discographie du groupe puisqu'il s'agit du titre éponyme du tout premier album du groupe. Et bien sûr, le fameux "Hard Rock Hallelujah" de l'Eurovision !

Et voici que se termine cette édition du Wacken World Wide. Remerciements à toutes les personnes qui ont rendu cela possible, car sans ça, c'était un été complet sans musique live et ça, ç'aurait été vraiment triste. Tout n'a pas été parfait, on apprécie ou non la technologie déployée pour les lives XR (j'ai remarqué que c'était mitigé sur les réseaux sociaux), mais en attendant, n'oublions pas que nous avons eu plus de 33 heures de musique dont une partie en inédit, voire même en live, sur 4 jours grâce à cet événement. Rendez-vous en juillet 2021 pour, on espère grandement, une édition normale du Wacken Open Air !

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