Hellfest 2019 - L'Antre de Bloodwitch

mercredi 26 juin 2019

Hellfest 2019

Le logo du Hellfest 2019
Hellfest 2019
L'édition 2019 du Hellfest Open Air, Hellfest tout court pour les intimes, se déroule cette année pour la 14ème fois, les 21, 22 et 23 juin. L'an dernier, il y eut 24 groupes dans mon live report, que vous pouvez revoir ICI. Cette année, ce sera 26, dont certains que je retrouve avec plaisir, comme Cradle of Filth, ou encore d'autres que j'avais hâte de découvrir en live, Kvelertak en particulier. A noter cependant, une annulation annoncée seulement 11h avant le passage de l'un des groupes phares annoncés cette année alors que les membres étaient bien présents sur place la veille, j'ai nommé la tête d'affiche du vendredi pour la Main Stage 1 : Manowar. Et cette histoire devrait se régler devant les tribunaux à priori. Pas glop. Pensée à tous leurs fans qui ont dû être sacrément déçus pour le coup :/ Mais, les absents ayant toujours tort, faisons plutôt place aux présents !


Vendredi 21 juin

NO ONE IS INNOCENT : C'est Parisien, et ça distille un mix entre rock et Heavy depuis 1994, avec une pause significative entre 1998 et 2004, et 7 albums au compteur. Dès les premières secondes, les fans les plus au devant de la scène se mettent déjà à sauter partout, voilà qui promet une bonne ambiance sous le soleil qui est au rendez-vous, bien qu'un peu timide en ce premier jour de l'été (et fête de la musique !). La majorité des festivaliers ne se sont pas donnés rendez-vous devant la Main Stage 2 sur laquelle passe le groupe, mais qu'importe, les présents savent pourquoi ils sont là. Pour ma part, cela me fait toujours autant bizarre d'entendre du Metal avec du chant en français. C'est courageux de la part de No One is Innocent de s'y risquer, et ça leur va plutôt bien en fait. On constate que le groupe n'occupe que le milieu de la scène, malgré une belle énergie de la part de ses membres, mais aussi du public qui part en Wall of Death dès la 8ème minute du set. Joli ! Musicalement, ça s'écoute bien, ça fait même penser aux Béruriers Noirs (avec un petit hommage qui leur sera fait pendant un des morceaux, d'ailleurs). C'est une bonne mise en bouche pour cette édition. Afin de clôturer ce set, le chanteur de Tagada Jones, Nicolas Giraudet, est invité sur scène pour le dernier morceau, "Wtf". Au final, un set énergique à souhait, parfait pour se mettre dans l'ambiance du festival !

DEMONS AND WIZARDS : Demons and Wizards, c'est le side-project de Hansi Kürsch, chanteur de Blind Guardian, et de Jon Schaffer, guitariste de Iced Earth. Forcément, ici, c'est du Power qui nous est proposé et ce, depuis 1998. A ce jour, seuls deux albums sont sortis, un éponyme en 2000, et "Touched by the Crimson King" en 2005. Ils en ont annoncé un nouveau pour l'année prochaine. Changement d'ambiance pour ce second set que je vous propose de cette édition 2019 du Hellfest. Ici, un peu plus de fioritures que pour le groupe précédent, on a une belle déco qui prend place sur toute la scène, tant la toile de fond qui présente notamment le logo de Demons and Wizards, mais aussi les pierres tombales disséminées à divers endroits de la scène. Une mise en scène digne d'une tête d'affiche donc. D'autant plus que c'est la première fois que ce groupe vient jouer au Hellfest. Il y a davantage de monde devant la Main Stage 1 actuellement qu'il n'y en avait devant la scène voisine, cependant on remarque un calme beaucoup plus omniprésent dans celui-ci. Les gens écoutent religieusement les morceaux joués par le groupe, mais ne manquant pas d'applaudir en rythme, voire même de chanter en choeur lorsqu'il le faut. Le groupe, quant à lui, enchaîne les morceaux purement dans le style Power, avec les passages plus progressifs, pour un set intéressant à voir. Un moment sympa, qui se termine avec le titre "Fiddler in the Green", une balade calme à souhait, pour finir en beauté.


Photo des membres de Dagoba
Les membres de Dagoba

DAGOBA : Je me souviens d'un débat que j'avais eu lors d'une interview avec James Root (Slipknot), il y a quelques années, au sujet de ce groupe. Il m'assurait que Dagoba n'était pas un groupe français. Et pourtant, ce groupe de Death mélodique, avec 7 albums sortis à ce jour, est de Marseille ! Je les connais depuis leurs débuts, je sais de quoi je parle quand même ^^ Nous sommes donc de retour sur la Main Stage 2 pour ce set, et c'est la 5ème fois que Dagoba vient présenter ses morceaux au Hellfest. Et le moins que l'on puisse en dire, c'est qu'ils savent mettre l'ambiance. On a pourtant le même public à peu de choses près que pour Demons and Wizards, mais pour le coup il ne réagit plus du tout de la même manière. Ca bouge beaucoup, beaucoup plus ! Cependant, un bémol du côté de Shawter (chanteur du groupe). Il semblerait qu'il n'ait pas de bons retours, son chant est un peu faux durant les refrains par moments en début de set, heureusement que ça ne durera pas longtemps. Mais cela n'altère en rien l'énergie dépensée par le groupe entier, que le public lui renvoie bien par ailleurs. Si vous voulez être au calme pour profiter de ce set, ne restez surtout pas devant ! Car niveau ambiance, ça bouge sec ! Dagoba enchaîne ses morceaux les plus efficaces en live. Ils sont construits dans la dualité, tout comme le chant de Shawter, qui passe du grunt à la voix claire avec une facilité déconcertante. Il a également pour lui d'avoir le dialogue facile avec son public, qui le lui rend bien à coup de circle pit géant, mais aussi d'un Wall of Death mémorable, qui surpassera de loin celui que Shawter avait demandé en 2014. Au final donc, un très bon set, qui aura savamment su ajouter à la bonne ambiance déjà présente dans les lieux ! On peut le dire, Dagoba a foutu le bordel =)

PESTILENCE : On se donne rendez-vous sous la tente Altar pour le groupe suivant. On ne présente plus les néerlandais de Pestilence, qui font leur petit bonhomme de chemin dans l'univers du Death Metal depuis 1986. En 2014, après 7 albums, les membres se sont séparés avant de se retrouver en 2016 et de sortir leur 8ème album et dernier à ce jour, "Hadeon", en 2017. Je sais qu'il ne s'agit pas là de ma passe de thé, car ils sont plutôt proches de pas mal de groupes que je ne porte malheureusement pas dans mon coeur, comme Morbid Angel, Obituary, Malevolant Creation ou encore Deicide. Et pour ne pas arranger les choses, le son est... comment dire... franchement mauvais. Je ne suis donc absolument pas aidée pour repérer les refrains des couplets, en plus du chant dont je ne comprends pas pourquoi il se pose ici et pas là. Déjà qu'avec un bon son, je n'y parviens pas vraiment, et que c'est précisément pour cette raison que ce style musical n'est pas pour moi, je vous laisse imaginer ma souffrance auditive. Pestilence, définitivement, c'est pas pour moi. Cela dit, il y a du monde sous la tente, le groupe a son public et tant mieux pour lui. Bon allez, je vais tout de même reconnaître que "Twisted Truth" est presque passée. Presque. Mais ce sera bien la seule. Parce que c'est la seule qui, à mon sens, se démarquait des autres que j'ai trouvées toutes plus ressemblantes les unes que les autres. Ah et le solo de "Land of Tears" aussi, gros ovni en plein milieu du morceau (toujours à mon sens hein), pour ce morceau qui clôture le set de Pestilence. Pardon pour les fans.

ULTRA VOMIT : Qui ne connaît pas ce groupe français de Metal parodique, dont une partie des titres sont des reprises du top 50 ? Ils viennent de sortir leur premier album live après 3 albums studio, "L'Olymputaindepia". Ils entrent en scène après une introduction fort originale, via laquelle on apprend entre autres qu'ils ont ouvert le Hellfest en 2008 et mis le feu en 2014 à ce même festival, mais aussi qu'ils veulent détrôner leurs semblables de Gojira ou Lofofora par exemple. Beaucoup d'humour dans cette présentation. Tout débutera ce soir par une reprise de Motörhead qu'ils ont décidés de nommer "Quand j'étais petit", avec des paroles refaites en français. Je dois l'avouer, c'est plutôt réussi ! Beaucoup de monde est au rendez-vous devant la Main Stage 2. Ultra Vomit est en effet un groupe apprécié par sa dérision et la façon dont ses membre sont de reprendre des standards du Metal à leur sauce. C'est original, et c'est bien fait ! En plus de ça, ils invitent du monde, comme par exemple Calogero sur la reprise qu'ils ont faite de "Face à la Mer" (mais attention, il s'agissait là d'un cosplay :p ), ou encore un choeur de gospel sur "Jésus" et un membre de Black Bomb A. Fallait le faire ! Le Roi Fetus, leader de la formation, est grandiloquent, ne manque pas de dialogue avec le public, et parle à son auditoire comme s'il s'agissait de gamins. Le pire ? C'est que ça marche ! Surtout quand il leur demande de dire leur prénom à 3, ce qui donnera une bouillie informe de prénoms dont on n'en entendra pas un seul ^^ De même lorsque Fetus demande aux gens de répéter des gros mots avant d'enchaîner sur "I Like to Vomit", tout le monde répète sans sourciller ! Le public est conquis dès l'entrée du groupe sur scène, voire même avant en fait. Et ça va sauter dans tous les sens tout au long du set, jusqu'au dernier morceau joué par  le groupe : "Evier Metal". Ce sont de vrais fous furieux, ils sont excellents en live ! 


Photo des membres de Dropkick Murphys
Les membres de Dropkick Murphys

DROPKICK MURPHYS : On retrouve les Irlandais que j'ai eu grand plaisir à découvrir lors du Hellfest 2016, et que j'ai revus avec autant de joie au Rock Am Ring 2019 qui s'est déroulé il y a tout juste deux semaines, malgré un public un peu mitigé durant la première moitié. Ce soir, nous nous retrouvons sur la Main Stage 1 pour 1h10 de show, qui débute par des applaudissements marqués du public dès l'intro. Bien, on retrouve le bon public des Dropkick du Hellfest ! On aura même droit à une marée humaine dès le premier morceau. Franchement, je suis joie pour le groupe, qui mérite amplement un tel accueil ! Tout au long de ce set, on aura une ambiance bon enfant, tant sur la scène que dans le public. Ca bouge dans tous les sens, ça saute, ça crie en choeur, et tout le monde va avoir très chaud au bout d'à peine 20 minutes. C'est l'ambiance Dropkick Murphys comme je les aime =) Honnêtement, je vous conseille d'aller voir ce groupe si vous n'êtes pas allergique aux instruments traditionnels du folklore Irlandais, vous ne le regretterez pas si vous vous retrouvez au milieu d'un public tel que celui du Hellfest. Ce soir, ils ont littéralement embrasé la scène :D


KVELERTAK : C'est sous la tente Altar que je retrouve le groupe que j'attends le plus de cette édition 2019 du Hellfest ! Les deux premiers albums de ce groupe de Heavy norvégien empreint de Black Metal et de Punk Rock, "Kvelertak" (2010) et "Meir" (2013), furent de véritables coups de coeur pour moi. Puis est arrivé "Nattesferd" en 2016 et là, ça a commencé à coincer, car seuls 3 titres de ce dernier album en date m'ont convaincue. Je ne sais pas ce que ça donne en live, cependant, je sais qu'ils ont tendance à jouer plutôt des morceaux des 2 premiers albums plutôt que du 3ème. De quoi me faire attendre ce set avec une grosse impatience, donc ! Ce soir, ils jouent une heure, et j'espère que ça va être bien ! Pour ce second set sur la scène Altar, je constate pour la seconde fois que le son n'est pas au mieux de sa forme. Dommage, mai son va faire avec. La tente n'est pas totalement pleine, mais le public présent est bien vivant et ne reste pas impassible aux riffs du premier morceau proposé, "Apenbaring". Dès le second, on entre dans mes favoris de ce groupe, "Bruane Brenn". Sur scène, les musiciens ont une énergie énorme et ne se gênent pas pour occuper toute la scène. Dès le 3ème titre, "Nekroskop", le chanteur Ivar Nikolaisen se retrouvera dans un slam endiablé parmi le public, et pas qu'une fois. Mais justement, ils mettront tant d'énergie dans leur prestation que la batterie se retrouvera déconnectée juste après ce 3ème morceau. Pour peu de temps heureusement ! Durant lequel le public ne manquera pas d'encourager le groupe. Et on reprend donc avec "Berserker", l'un des rares titres qui m'ait plu sur le 3ème album. La folie générale déjà présente depuis le début du set reprend de plus belle de tous les côtés ! Et cette fois, c'est le guitariste qui ira faire son bain de foule. Ils sont intenables ! Puis viendra "Evig Vandrar", un autre titre que j'aime beaucoup, puis suivront "Fossegrim", "Mjod", "Blodtorst" et pas mal d'autres, pour finir par "Kvelertak", évidemment... En fait, ils font les titres que j'estime depuis la première fois que je les ai écoutés, comme étant leurs meilleurs ! Ils auront cassé la baraque ce soir, et je n'en attendais clairement pas moins de leur part ! Je pense qu'il s'agira pour moi du meilleur set de cette année.

CARCASS : Comment définir ce groupe britannique, qui a tant évolué depuis ses débuts en 1985 ? Comme ces autres neutrons si particuliers que sont Rotting Christ ou encore Die Apokalyptischen Reiter, on dira que c'est du Metal Extrême. Cela dit, ils font partie des pionniers du Death Mélodique. Ce soir, on les retrouve sous la tente Altar. Je ne connais Carcass que de nom (oui je sais, honte à moi. Sans doute.) et pour l'instant, en début de set, ce que j'entends c'est surtout une rythmique Thrash Metal avec un chant axé Death, et par moments le tout est saupoudré d'une dimension Doom. Les morceaux sont changeants, témoins de l'évolution musicale du groupe, qui est passé du goregrind à ses débuts, à un Death Metal plus mélodique. Pour ma part, y a pas grand-chose qui passe, je dois l'avouer, surtout dans leurs titres les plus anciens. Mais je reconnais avoir plutôt bien apprécié "Black Star" tout de même. Du côté du public, je ne vais malheureusement pas pouvoir en dire beaucoup de choses, car le choix des lumières a semble-t-il été réduit au minimum pour le set de Carcass, plongeant de fait les spectateurs dans le noir la plupart du temps. Cela dit, on peut se rendre facilement compte qu'elle est remplie, et que le public en aura eu pour son attente, avec des titres qui s'enchaînent sans aucune fausse note.


Photo des membres de Sum 41
Les membres de Sum 41

SUM 41 : Ce groupe de Punk Rock canadien, je le connais depuis mon adolescence où il a eu sa période de gloire. Le 19 juillet prochain, Sum 41 sortira son 8ème album, "Order in Decline", et je suis curieuse de voir ce que ça donne en live car je n'en ai strictement aucune idée. Ce set est clairement fait pour les derniers courageux qui sont encore debout, car Sum 41 clôture cette première journée du Hellfest (en même temps que King Diamond sous la tente Temple), et ça se passe sur la Warzone pour ce set qui se présente à priori comme un best of du groupe. Du line up d'origine, il ne reste que le leader Deryck Whibley. Côté public, la Warzone est pleine à craquer, ce qui est surprenant au vu de l'heure qu'il est (le groupe est entré sur scène à 01h05), et du fait que Sum 41, à première vue, reconnaissons-le, ça fait quand même un peu dépassé. Mais pas tant que cela en réalité. Le groupe n'est même pas encore sur la scène que le public se fait déjà entendre, impatient, même pas fatigué, et il acclamera les membres de Sum 41 à peine ceux-ci se montreront-ils. Quand ils commencent leur premier morceau, je prends 20 ans dans les dents. Et je ne dois pas être la seule ! Eux par contre, ils n'ont absolument pas vieilli. Musicalement, ça reste très actuel, le public ne se fera d'ailleurs pas prier pour participer au chant, et ça va également danser, beaucoup. Tout ça donne envie de se remettre à écouter ce groupe, et même tous les autres de la fin des années 90 que ma génération de trentenaires a sûrement mis de côté depuis (je pense notamment à ces groupes tels que Blink 182). Du début jusqu'à la fin du set, Sum 41 va enchaîner ses titres plus ou moins vieux comme sur des roulettes, avec une efficacité dingue. On aura également droit à une reprise du mythique "Another Brick in the Wall", très bien faite. Je tiens à préciser ici que le batteur Frank Zummo est vraiment bon. S'en suivra peu après le titre grâce auquel je les ai connnus, "Over my Head (Better off Dead)", que je n'ai plus entendu depuis des lustres et qu'il me fait vraiment plaisir de redécouvrir. Une autre reprise suivra un peu plus tard, et ce sera "We Will Rock You" de Queen, en version accélérée et un peu modifiée pour l'occasion. On en viendra aux trois derniers titres du set qui seront le mythique "In too Deep", puis "Fat Lip" et "Still Waiting". Au final, on aura eu droit à un très bon set de la part de Sum 41, entraînant et qui aura fait bouger son public jusqu'à la dernière seconde, pour finir cette première journée en beauté ! Merci pour ça !

Samedi 22 juin

BOHSE ONKELZ : On débute cette seconde journée du Hellefst 2019 avec du Rock allemand. Böhse Onkelz existe depuis 1980 et qui s'est séparé en 2005 avant de revenir il y a 5 ans, sans aucun changement de line up. Je ne connais pas du tout, je ne sais donc pas à quoi m'attendre. Le groupe débute tout juste une tournée des festivals avec la date d'aujourd'hui, après plusieurs mois sans un seul concert (le dernier remonte à septembre 2018 en Allemagne). Je dois dire que dès les premières secondes du set, le son proposé par Böhse Onkelz a attiré mon attention. Sous certains aspects, la musique de ce groupe me fait penser à un mélange entre Danko Jones et Grand Magus, le tout saupoudré par des rythmiques dignes d'un Mötorhead, mais avec un chant en allemand (très Hunherz en fait). C'est plutôt plaisant à entendre. Du côté du public, peu de monde malgré un passage sur la Main Stage 2, mais les spectateurs présents encouragent bien le groupe, qui se présente par ailleurs en français dès la fin du premier morceau. Je ne pense pas que Böhse Onkelz ait réussi à se faire une réputation en France malgré son beau pedigree (ils ont sorti pas moins de 16 albums et 7 lives quand même). Même s'il faut tout de même signaler que les débuts du groupe ont grandement fait polémique dans son propre pays, car Böhse Onkelz était très proche du mouvement oi! et du mouvement skinhead à ses débuts, ce qui a valu par exemple la censure de son premier LP. Le morceau "Keine Amnestie für MTV", qui sera joué aujourd'hui sur la Main Stage 2, est un témoignage d'un incident survenu à la suite d'un reportage tourné par MTV sur Böhse Onkelz, qui a été détourné de son but originel qui aurait dû être la réconciliation totale entre le groupe et le système. Ainsi, dans ce morceau, ils s'en prennent à tout le star system. Car depuis 1985, ils sont passés à autre chose et ont complètement décroché de leurs travers de début de carrière. Ce single, comble de l'ironie, dépassera tous les records de vente en Allemagne. Ils ne sont que 4 membres, un batteur, un guitariste, un bassiste et le chanteur, mais musicalement, ça dépote sacrément, et me fait regretter de ne pas avoir connu ça plus tôt. Je tiens sans doute ici ma découverte pour cette édition du Hellfest, c'est un coup de foudre pour moi ! Ces Allemands, décidément, je les porterai toujours dans mon coeur, au moins pour la musique, parce que la plupart de mes artistes favoris viennent de chez eux. 

DEADLAND RITUAL : On enchaîne avec Deadland Ritual, supergroupe de HardRock à la fois britannique et américain, formé par le chanteur Franky Perez (Apocalyptica), et des musiciens qui ont joué auprès de Billy Idol, Black Sabbath ou encore les Guns N'Roses. Ils n'ont à ce jour que deux singles à leur actif, et font donc principalement dans des reprises en live, surtout de Black Sabbath. Ca promet donc d'être un set intéressant, malgré un public encore une fois très éclaté pour ce set qui débute sur la Main Stage 1, par "Symptom of the Universe", de Black Sabbath justement. Ils enchaînent avec "Dimas", morceau issu de leurs créations propres, puis on reviendra sur du Black Sabbath avec "Neon Knights". Mais ce groupe n'est pas le seul que le groupe reprend, et nous aurons donc "Slither" de Velvet Revolver par exemple, avec un poil de theremine, cet instrument qui me fascine depuis longtemps. Après "Broken and Bruised", nous aurons droit à un solo de guitare de la part de Steve Stevens, guitariste de Billy Idol avant d'enchaîner sur "Rebel Yell" de ce même Billy Idol. Tout au long du set, on passera donc d'une reprise à une création personnelle des Deadland Ritual, pour clôturer tout ça avec "War Pigs" de Black Sabbath. L'ensemble donne un rythme intéressant, malgré que la sauce ne semble pas beaucoup prendre du côté du public, qui se fait quand même de plus en plus nombreux au fur et à mesure du set, mais on se doute que c'est certainement en grande partie pour le groupe qui va suivre sur la scène voisine. Dommage pour Deadland Ritual, qui a quand même proposé un set de qualité !



Photo des membres de Sham 69
Les membres de Sham 69

SHAM 69 : Pionniers du Street Punk, les britanniques de Sham 69 existent depuis 1975. Et je ne les connais pas, bien qu'il s'agisse d'un groupe important au sein du mouvement oi!, et qu'il bénéficie donc d'une sacrée renommée. Le chanteur, Jimmy Pursey, a 64 ans et est le seul membre originel du groupe à être encore dans le line up. Mais ne vous fiez pas à son âge vénérable, le monsieur est physiquement très en forme, et donnera beaucoup de sa personne pour ce set. Musicalement, ça me fait grandement penser aux Clash (et d'ailleurs, ils en feront la reprise de "White Riot"), voire aux Toy Dolls que j'aime beaucoup mais le côté humoristique en moins. Nous sommes sur la scène de la War Zone, ce qui est bien pensé au vu du style musical de ce groupe. Pourtant, niveau public, ça ne bouge pas énormément en début de set, tandis que la zone est pleine. Bien sûr, cela ne va pas durer, et ça va se mettre à sauter partout joyeusement très vite. A ce jour, le groupe compte 14 albums, le petit dernier étant sorti il y a 9 ans. Pursey, leader incontesté de la formation, s'est battu des années durant pour que son groupe puisse continuer de vivre, ce qui explique ses très nombreux changements de line up, qui ne s'est finalement stabilisé qu'en 2013. Les morceaux proposés en ce début de soirée sont variés et proviennent de plusieurs albums. Le groupe propose un best of ce soir, et ça rend bien. La prestation de Sham 69 est de qualité, que l'on aime ou pas ce style musical qui est tout de même très orienté (le mouvement oi! est profondément anticommuniste, et très souvent proche du néonazisme). Pour ma part, je retiendrai "If the Kids are United", que le public continuera de chanter en boucle même après la fin du morceau, permettant ainsi aux membres du groupe de reprendre ses esprits, boire un coup, se repositionner... avant de reprendre avec "Angels with Dirty Faces" qui ne fera pas oublier le morceau précédent que le public chantera de nouveau juste derrière. Seule déception, que le set se soit terminé ainsi, 15 minutes avant la fin qui était prévue au départ. Le groupe était en effet annoncé pour une heure de set, il n'en a fait que 45 minutes.

WITHIN TEMPTATION : Changement de décor complet avec Within Temptation qui passe sur la Main Stage 2. Je les ai vus à plusieurs reprises. La 1ère, c'était au Parc des Princes à Paris avec Iron Maiden en 2005, puis je les ai revus lors du M'Era Luna 2006 (pour lequel je n'ai malheureusement pas fait de report), et enfin lors du Hellfest 2016. J'ai aussi fait la chronique de l'album "The Heart of Everything" sorti en 2007. Depuis, 3 autres albums sont sortis dont un petit dernier le 1er février dernier et nommé "Resist". J'ai plutôt hâte de voir ce que ce groupe donne en live à présent, car j'ai décroché à celui que j'ai chroniqué, je ne connais donc pas ces 3 autres galettes. Bon par contre, il aurait été bien de penser à mettre du son au micro de Sharon, car on n'entendra absolument pas les premières phrases qu'elle chantera, et peu les suivantes, contrairement au guitariste rythmique, Robert Westerholt (son compagnon dans la vie et père de ses enfants), qui s'occupe également des grunts
. A vrai dire, même le clavier, on l'entend mieux que Sharon. Et en fait, les grattes, on ne les entend pas non plus en fait. Mince, qui a fait les réglages ? Bon en tout cas, beaucoup de monde s'est pressé devant la Main Stage 2 pour Within Temptation ce soir, et on y ressent la hâte que le set débute, ce qui se fera avec "Raise your Banner", titre issu de "Resist". Je me rends compte que le groupe n'a pas beaucoup changé musicalement, par rapport à ce que j'en connaissais. Si j'imagine ce que sont censées jouer les guitares et la basse... Quand "Stand my Ground" débute, cela me rappelle bien des souvenirs. C'est un titre que j'aime beaucoup depuis 2004. Sur scène, depuis que je les ai vus pour la première fois en 2006, je constate toujours la même énergie de la part des membres du groupe, comme s'il n'avait pas pris une seule ride. Within Temptation, c'est toujours intéressant à voir en live, il se passe à chaque fois plein de choses sur la scène. Mention spéciale pour "Paradise (What about us)", qui est censée être un duo avec Tarja Turunen, et que Sharon interprète seule ce soir avec brio, les images du clip diffusées sur l'écran géant au fond de la scène qui rendent très bien.


THE WAMPAS : Du Punk Rock français comme on l'aime ! Les Wampas existent depuis 1983 et sa tête de gondole, Didier Wampas, continue de sortir des albums sans sourciller. Le prochain est prévu pour septembre ! On retrouve la joyeuse bande sur la Warzone ce soir, et il est certain que ça va être le bordel. A peine monté sur scène, le groupe déploie une énergie à toute épreuve, clairement ce que l'on attend d'un groupe tel que les Wampas. Sans surprise, la fosse est pleine, et ça va beaucoup bouger, notamment pour "C'est l'amour" qui sera le 3ème titre joué par le groupe. Didier se placera à la limite des barrières pour l'occasion avant de remonter sur scène en sautillant gaiement comme un enfant. Didier est infatigable, tant vocalement que physiquement. Il n'aura de cesse de passer de la scène aux barrières, et des barrières à la scène. Il ira même faire un tour quasi complet dans la fosse en contournant les barrières, tout en continuant à beugler ses "Yeah yeah" du morceau du même titre, mettant par la même occasion les ingés son en difficulté pour gérer le fil de son micro. Et pour "Rising", le morceau suivant, il se retrouvera avec sa guitare à jouer couché dans le public. Avec difficulté, il faut le dire. Si ça, c'est pas Rock, je sais pas ce que c'est =) En milieu de set, Didier proposera au public de créer le plus grand des Wall of Death, pour prouver selon ses dires qu'il n'y a pas que dans les groupes de Metal qu'on peut en créer. Mais Didier ne sera pas content du résultat (pourtant bon), et demandera aux gens de recommencer pour "Punk Ouvrier", ce qu'ils feront. Un peu plus tard dans le set, pendant "Les Bottes Rouges", Didier se retrouvera assis sur une chaise en plein slam dans le public, et prendra même le risque de se mettre carrément debout dessus. Il est intenable, je vous l'ai dit. Grandiose ! Octave et Matthias, deux enfants du public, feront ensuite leur entrée sur scène à la demande de Didier pour leur faire deviner le titre du prochain titre, qui sera "Ce soir c'est Noël". Les deux enfants resteront à sauter sur la scène pendant le morceau. Puis viendra le final, composé de "Manu Chao" puis "Didier Wampas est le roi", durant lesquelles Didier se retrouvera directement dans la loge des ingés son et lumière avant de rejoindre la scène pour "C'est juste une Petite Voix". Génial ! Les Wampas, en live, c'est la première fois que je vois ça et honnêtement, ça laisse un souvenir au moins aussi bon que l'énergie dépensée par ses membres durant cette heure de set trop courte. Mémorable !



Photo des membres de Combichrist
Les membres de Combichrist

COMBICHRIST : Changement de décor complet avec le Metal Indus des Norvégiens de Combichrist qui existe depuis 2003 et qui vient de sortir son 9ème album, "One Fire". Je les connais un peu, et je sais qu'ils sont dans la lignée de trois autres groupes que j'aime beaucoup et qui sont Suicide Commando, Hocico et Agonoize. La réputation du groupe n'est plus à faire, celui-ci ayant notamment fait l'ouverture pour Rammstein lors des concerts de sa tournée 2009-2010. Attention aux tympans car ce n'est pas une, mais deux batteries sont été installées sur la scène Temple, ce qui promet un sacré bruit. L'un des batteurs, par ailleurs, joue debout. Et on comprend bien pourquoi tout au long des morceaux qui sont joués ce soir. La particularité de ce groupe, en plus d'avoir deux batteurs, c'est qu'il n'y a pas de bassiste. En fait, il n'y en a pas besoin. Le résultat ? Une véritable boucherie, d'une puissance incroyable, tant sur la scène que dans le public, qui va de circle pits en headbangings effrayants, et vice-versa. C'est une ambiance de folie qui règne ici, qui ne redescend à aucun moment, pas même lorsque Andy LaPlegua, chanteur et leader, se met à communiquer entre deux morceaux, toujours avec un grand sourire en prime. Combichrist, c'est le genre de groupe qui aurait plutôt mérité l'accès à l'une des Main Stages, d'autant plus que la tente est littéralement pleine à craquer. Le groupe a beau ne pas être allemand, il n'a plus rien à prouver, car il a l'envergure de son grand frère qu'est Rammstein. Le set proposé ce soir est vraiment énorme, et on regrette que Combichrist ne joue qu'une seule heure. Mention spéciale pour "Can't Control" et "What the Fuck is Wrong with You", qui ont réveillé absolument tout le monde, même s'il n'y en avait pas besoin. Combichrist, en live, c'est surpuissant ! Et les réglages du son ont été effectués avec excellence malgré les décibels, chapeau aux ingés son !

CRADLE OF FILTH : Ce groupe, je l'ai déjà vu pour la première fois à Paris en 2005, puis lors du Wacken Open Air 2015 et du Hellfest 2018, mais aussi à Limoges la même année. je retrouve avec grand plaisir ce groupe britannique, dont l'album "Midian" fut un coup de coeur éternel à mes yeux dès ma première écoute de celui-ci. Le line up est stable depuis 5 ans, espérons que ça dure, même si on sait qu'il y a peu de chances. Comme Combichrist, Cradle prend place sur la scène Temple, ce qui pour le coup me paraît approprié. Le public est tout aussi nombreux et attend patiemment que la messe noire débute. Et ça va commencer fort avec un de mes morceaux préférés "13 Autumns and a Widow" après un "Once Upon Atrocity" qui signe l'entrée du groupe sur la scène, tout en lenteur et lourdeur. On y entend par ailleurs très bien le chant de Lindsay Schoolcraft, qui officie aux claviers que l'on entend tout aussi bien, ce qui est mieux pour l'ambiance. Je dois dire que je suis contente de retrouver Richard Shaw avec le groupe. Je me souviens de la prestation scénique plus que mémorable de ce guitariste pour le dernier concert de Cradle auquel je suis allée, le 18 février 2018 (je n'en ai pas fait de report), il m'a beaucoup marqué par son jeu de scène que j'ai trouvé époustouflant. Je le trouve fascinant autant que dérangeant, son attitude sied très bien à ce groupe et il aurait été bien que les autres membres en prennent de la graine. "Cruelty Brought the Orchids" sera le 3ème titre joué par le groupe ce soir, suivi par "Beneath the Howling Stars". Ils auront donc enchaîné 4 de mes morceaux préférés d'eux dès le départ du set de ce soir. Le son est de bonne facture pour une fois (c'est rare avec ce groupe), ce qui nous permet d'entendre clairement les nouvelles techniques de Dani qui passe étonnamment au chant clair par moments. Son chant, qu'il a bien fait évoluer depuis ses débuts, car on se souvient surtout de son chant suraigu qui n'est pas aimé par tout le monde, mais on oublie souvent que dans les tous débuts du groupe, c'était un chant très Death qu'il nous servait, sur un fond musical pas très propre malheureusement (écoutez donc l'album "The Principle of Evil Made Flesh" sorti en 1994, vous serez surpris). Par ailleurs, je suis surprise de constater qu'ils ne font que des anciens titres ce soir (pour mon plus grand bonheur, je dois l'avouer). Viendra tout de même un titre récent, "Heartbreak and Seance", avant de repartir sur de l'ancien (du très ancien même) avec "Lustmord and Wargasm" pour enchaîner avec le mythique "Nymphetamine", et pour en venir ensuite à "Saffron's Curse", sorti de mon album favori, Midian. Et "Her Ghost in the Fog", du même album, pour clôturer ce set beaucoup trop court à mon goût.

THE ADICTS : On enchaîne avec du Punk Rock britannique, avec ce groupe formé en 1975 qui a gagné sa popularité dans les années 80, et que je ne connaissais malheureusement pas encore. Ca se passe sur la Warzone. Musicalement, c'est à rapprocher de Sham 69 qu'on a vus plus haut. Mais avec une identité visuelle beaucoup plus marquée, qui n'est pas sans rappeler "Orange Mécanique", ce qui est bien entendu fait exprès de la part du groupe, qui s'est collé cette image depuis ses débuts. Depuis 1975, le line up n'a absolument jamais changé, hormis l'ajout de deux musiciens supplémentaires. A signaler, il y aurait juste une pause entre 1993 et 2002 dans l'activité du groupe. Ce sera tout. 11 albums au compteurs, les membres de The Adicts ont donc largement de quoi proposer un panel de leurs meilleurs titres, qui sont courts et se suivent sans aucune pause, ce qui laisse au groupe de quoi proposer un grand nombre de morceaux, il y en aura ainsi plus de 20 en l'espace d'une heure. Pour l'hérétique que je suis, je dois avouer que ça se laisser écouter, tout comme Sham 69 finalement. Mais je n'irai cependant pas jusqu'à fouiller la discographie de ces groupes, je me contenterai de les avoir vu une fois en live. En tout cas, le peuple a rempli l'espace de la Warzone et se sera montré réactif ce soir, de quoi contenter la bande de joyeux drilles sur la scène.



Photo des membres de Le Bal des Enragés
Les membres de Le Bal des Enragés

LE BAL DES ENRAGES : On a ici un line-up particulier, pour ce supergroupe de Punk Hardcore français qui entre sur la scène de la Warzone. En effet, on y compte des membres du groupe formateur Tagada Jones, mais aussi d'autres de Punish Yourself, Lofofora, AqME ou encore Loudblast, Parabellum et Black Bomb A. Au départ, ce supergroupe fut créé pour une date unique qui eut lieu en 2009. 10 ans plus tard, ils sont toujours là, même si quelques-uns des membres de départ ne le sont plus. Ils ont bien une discographie, composée de 4 galettes à ce jour, mais elle n'est composée que de lives. Même sans connaître ce supergroupe, on connaît forcément ce qu'ils jouent puisqu'il ne s'agit que de reprises. Ils clôturent cette seconde journée du Hellfest, en même temps que les Sisters of Mercy sur la Temple. Tout débute sur un bout de "La Foule" d'Edith Piaf, et le groupe entrera sur scène avec une reprise des Béruriers Noirs bien connue, "Salut à toi". Ils seront pas moins de 15 à défiler, un par un, pour finir le morceau. Surprenant comme entrée. En fait, ce set de ce supergroupe me donne l'impression d'une réunion des jeunes vieux du Metal français, qui décident de se faire un boeuf à l'arrache (le chant est par moments approximatifs, il faut le dire, même si on leur pardonne aisément au vu de l'ambiance sur la scène), et qui invitent tous leurs copains à y assister (en l'occurrence, les fans de chacun des groupes sus-cités). Du coup, on a là un beau bordel sur la scène, qui paraît un poil trop petite du coup, pour un résultat très efficace auprès du public. Nous aurons droit à un beau Wall of Death de sa part notamment. Quant aux morceaux proposés ce soir, on aura un peu de tout à vrai dire, de Nirvana aux Ramones en passant par les Red Hot Chili Peppers, Sepultura, Ministry, AC/DC ou encore un medley de 3 titres de Metallica dont "Master of Puppets". Mais aussi un titre déjà chanté par Sham 69 tout à l'heure et qui est justement celui qui m'avait particulièrement plu (ainsi qu'au public qui n'avait pas cessé d'en chanter le refrain), "If the Kids are United". Pour clôturer ce set, on aura l'éternel "Antisocial" de Trust qui fera reprendre le titre en choeur à l'ensemble du public, puis on reviendra sur les Béruriers Noirs pour un "Vive le Feu" féroce. Tellement qu'ils auront du mal à en finir et à quitter la scène à l'heure. Le Bal des Enragés, c'est tout un programme ! De quoi partir dormir dans la joie et la bonne humeur en somme =)



Dimanche 23 juin

TESTAMENT : Déjà vus lors du Wacken Open Air 2016, ce groupe de Heavy Thrash ne fait clairement pas partie de mes favoris (je vous ai dit que le Thrash n'est pas mon ami ?), mais certains morceaux étaient parvenus à me convaincre tout de même. Testament, c'est 11 albums, le dernier étant sorti en 2016 ("Brotherhood of the Snake"). Cette fois-ci, c'est en plein milieu de l'après-midi que le groupe fait son entrée, sur la Main Stage 2, mais avec le même line up, qui n'a pas changé depuis 2014. Beaucoup de monde s'est pressé devant la grande scène pour pouvoir admirer ce groupe qui existe depuis 1983, et qui fait partie des plus populaires dans le milieu du Death Metal. Des deux premiers morceaux qui seront joués aujourd'hui, je n'en avais entendu aucun lors du W:O:A 2016. Il faut dire que la discographie du groupe lui permet de pouvoir grandement varier ce qu'il propose en live. Le 3ème cependant, "More than Meets the Eye" y avait été joué ainsi que le suivant, "Practice what you Preach", et dans le même ordre en plus. "More than Meets the Eye" fait partie de ces quelques morceaux qui avaient attiré mon attention il y a 3 ans, par sa dimension Heavy assez marquée, et que je ne retrouverai malheureusement pas dans tous les morceaux. Le groupe prend soin de proposer des extraits de plusieurs albums différents, dont "Electric Crown" de l'album "The Ritual" (1992) que je retiendrai notamment, que je ne connaissais pas et que j'ai vraiment apprécié. Aujourd'hui, c'est l'anniversaire du chanteur Chuck Billy, qui fête aujourd'hui ses 57 ans, et qui sera célébré comme il se doit juste après ce morceau par le batteur, Gene Hoglan, avant que le groupe n'enchaîne sur "Into the Pit". "Disciples of the Watch", qui sera jouée un peu plus tard, fait partie de ces morceaux qui ne me marquent pas cependant. Le set se termine avec un dernier morceau qui est "The Formation of Damnation". Pas mieux pour ma part, mais qui met tout le public d'accord tout de même. Ce sera donc un bilan en demi-teinte pour Testament, comme en 2016 finalement. Mais je reconnais que le groupe n'a pas démérité et a su offrir ses meilleurs morceaux à un public conquis.


ANTHRAX : Anthrax fait partie des précurseurs du Thrash Metal, et est l'un des premiers groupes de cette branche musicale à avoir signé avec une major. Il s'agissait de Island Records, et c'était en 1985. Aujourd'hui, ils n'ont plus rien à prouver avec plus de 15 millions d'albums vendus à travers le monde, et une belle discographie composée de 12 albums, 7 EP et 4 live. Comme Testament, les musiciens ont pris place sur la Main Stage 2, et ça démarre fort avec "Caught in a Mosh", extrait de l'album "Along the Living" (1987). Un circle pit fait en effet son apparition dès les premières minutes du set, qui promet d'être efficace. Je dois reconnaître que la voix de Joey Belladonna est intéressante. Anthrax, en fait, c'est un savant mélange entre Thrash, Heavy et Speed Metal. Par moments, ça passerait presque bien dans mes oreilles. En tout cas, du côté du public, c'est carton plein ! Le moindre cm carré est occupé devant la scène. Il faut dire aussi que la réputation du groupe n'est plus à faire. Le 3ème morceau qui sera joué en ce début de soirée, "Efilnikufesin (N.F.L.)" extrait de l'album "Among the Living" comme le premier morceau joué ce soir, est un parfait exemple de ce qu'Anthrax peut proposer dans l'univers du Heavy Speed Metal. Un bon titre, avec un solo de guitare qui dépote, je le reconnais. Et d'ailleurs, le public est conquis. Ca va par contre se corser pour moi avec "I Am the Law", sur laquelle je n'accroche pas du tout, contrairement au public. Idem en ce qui concerne "Now it's Dark" qui va suivre. Durant "In The End", un Wall of Death se formera parmi le public. La lenteur rythmique du morceau fait que j'en suis surprise. S'en suivra une reprise à la sauce Anthrax du morceau "Antisocial" de Trust. Ca pète bien, j'avoue, même si le chant en anglais peut surprendre, car du coup le refrain habituel a été réduit en un "You're anti, You're antisocial". Puis le groupe finalisera son set avec "Indians", sorti de l'avant-dernier album du groupe, "Whorship Music" (2011).



Photo des membres de Lynyrd Skynyrd
Les membres de Lynyrd Skynyrd

LYNYRD SKYNYRD : On ne présente plus les américains de Lynyrd Skynyrd et leur Rock sudiste qu'ils distillent depuis plus de 50 ans, et avec de sacrés changements de line-up suite à pas moins de 9 décès en tout. En effet, ce groupe a un gros historique, et pas des plus gais. Rappelons notamment le terrible accident d'avion qui eut lieu le 20 octobre 1977, qui causa la mort de 3 des membres originels du groupe, et qui entraîna de fait une pause de 10 ans dans la carrière du groupe. Pour l'anecdote, ce jour-là, le bassiste Leon Wilkeson a été déclaré mort 3 fois avant de revenir à la vie et de se faire insérer une barre de métal dans le bras gauche afin de pouvoir continuer de jouer. Il sera finalement retrouvé mort chez lui le 27 juillet 2001 dans une chambre d'hôtel. Suite à ce drame, c'est Johnny Van Zant, le frère cadet de Ronnie, chanteur originel du groupe, qui a pris place derrière le micro en 1987, et c'est lui que nous retrouvons donc au centre de la scène aujourd'hui, comme depuis 32 ans maintenant. Du groupe d'origine, il ne reste à présent que Gary Rossington, guitariste. Lynyrd Skynyrd a annoncé au début de l'année dernière sa tournée d'adieu. Celle-ci a débuté le 4 mai 2018, et la date de ce soir est donc l'une des dernières pour le groupe. Les membres entrent en scène après une bande audio de "Thunderstruck" d'AC/DC, pour débuter leur set tout en douceur par "Workin' for MCA", puis "Skynyrd Nation", "What's your Name" et "That's Smell". Côté public, encore une fois il y a beaucoup de monde, et même vraiment beaucoup plus que pour les groupes précédents, comme si l'ensemble des quelques 60000 festivaliers, les jeunes comme les moins jeunes, s'était donné rendez-vous devant la Main Stage 2. Ce soir, le groupe proposera surtout des titres issus de "Second Helping", le second album sorti en 1974, dont "Sweet Home Alabama", leur morceau le plus connu. A noter également, l'interprétation de "Simple Man" forte en émotion, pour enchaîner beaucoup plus gaiement avec un "Gimme Three Steps" efficace. Le Rock sudiste, on aime ou pas, en tout cas ça reste très entraînant, et pour ma part j'aurai passé un très bon moment avec Lynyrd Skynyrd qui sera sans nul doute regretté à la fin de sa tournée. le groupe a clôturé son set avec une reprise de "Call me the Breeze" de J.J. Cale, puis le fameux "Sweet Home Alabama" tant attendu, qui a été repris par l'ensemble du public avant un ultime rappel, "Free Bird", extrait du premier album, qui est le plus long morceau du groupe, et qui finalise habituellement les lives de Lynyrd Skynyrd. Cet ultime morceau entraînera un retard de 12 minutes par rapport à l'heure de fin prévue. Retard qu'on pardonnera bien sûr.

LAMB OF GOD : On enchaîne sur du Groove Metal américain avec ce groupe bien connu, fondé en 1994, à la tête de 7 albums dont un sous son premier nom, Burn the Priest. A signaler, l'absence totale de changement de line up depuis 20 ans tout rond. C'est beau. Sur la Main Stage 2, c'est une sacrée ambiance qui va régner tout au long du set, tout comme dans le public en fait, qui va aller de circle pits en circle pits. Musicalement, il faut aimer Lamb of God, c'est assez extreme. Le groupe enchaînera un total de 11 titres, dont les deux tiers seront extraits des albums "Ashes of the Wake" et "Sacrament", sortis respectivement en 2004 et 2006. Ce qui est assez surprenant quand on sait que trois autres albums sont sortis depuis ceux-là. Pour ma part, je n'ai pas spécialement accroché à ce que Lamb of God a proposé, mais je ne suis pas vraiment sensible au Groove Metal (hormis Devildriver), qui est un genre que je trouve assez particulier. Du côté du public par contre, l'ambiance fut électrique tout au long du set, de quoi contenter largement les musiciens.

BEARTOOTH : Ce groupe américain de Hardcore Punk existe depuis 2012, et a signé avec Red Bull Records l'année suivante. Ils ont 3 albums à leur actif. Rendez-vous sur la Warzone pour découvrir ce que cette jeune formation donne en live. Très rapidement, je ne peux m'empêcher de rapprocher Beartooth, musicalement, de Killswitch Engage, Atreyu, voire Of Mice and Men que j'ai découvert durant l'édition 2017 du Hellfest et qui fut mon coup de coeur pour cette année-là. Mais revenons à Beartooth. Sur scène, c'est diablement efficace, ça bouge d'un bout à l'autre de celle-ci, au moins autant que dans le public, venu plutôt nombreux pour regarder le groupe. Les membres de Beartooth ont clairement le sens du live malgré le jeune âge de la formation. Et malgré ledit jeune âge, il faut signaler que du line up d'origine, il ne reste étrangement que Caleb Shomo, chanteur et leader. Ils savent mixer la brutalité de leur musique avec le chant clair de Oschie Bichar qui assure également la basse, et Zach Huston, également lead guitariste depuis une petite année. Caleb Shomo chantera également quelques refrains en chant clair, avant de repartir sur des cris furieux, qui font mouche après du public qui ne manquera pas de sauter dans tous les sens tout au long du set ou de slamer sauvagement, quand il ne fait pas un Wall of Death mémorable. Ce que je retiens plus particulièrement de Beartooth, à part l'ambiance de folie que ses membres mettent auprès de leurs fans, ce sont les refrains et les riffs de guitare diablement accrocheurs de la plupart de leurs morceaux. Je retiendrai également le solo de batterie de Connor Dennis, qui s'en est franchement bien sorti. J'ai le sentiment, à peine la moitié du set passée, que celui-ci va me paraître trop court. Une bien jolie découverte que Beartooth, dont je retiendrai surtout le titre "Manipulation".



Photo des membres de Carpathian Forest
Les membres de Carpathian Forest

CARPATHIAN FOREST : Je me souviens m'être acheté l'album "Defending the Throne of Evil" (2003) lors de sa sortie, juste parce que la cover me plaisait. Dedans, j'y ai découvert un morceau que j'ai trouvé génial, à savoir "The old house on the hill". Au final, cet album a pas mal tourné dans mes oreilles, mais je ne me suis pas tellement intéressée au reste, bien que je connaisse quelques titres issus d'autres albums. Quant à ce que ça donne en live, je découvre ça ce soir. Et forcément, comparé à Beartooth qui a précédé, je m'attends à un changement plus que radical. En tout cas, Carpathian Forest fait partie des groupes de Black Norvégien cultes (mais en Norvège, pas en France). Ils ont à ce jour sorti 5 albums, le dernier il y a déjà 13 ans, ce qui est surprenant au vu de la régularité de la sortie de leurs 5 galettes. C'est sur la scène Temple que les membres du groupe prennent place, devant un parterre un peu clairsemé (signalons que Slayer  passe en même temps sur l'une des Main Stages, et en France, ils sont bien plus connus). Carpathian Forest est connu pour son sens de la provocation exacerbé, ce soir ils paraîtraient presque comme des enfants de choeurs, si on oublie les têtes accrochées à tous les micros, et le bassiste qui ferait davantage penser à un boucher fou qu'à un musicien. On imagine sans mal la direction du Hellfest avoir briefé les membres pour qu'ils restent soft. Et d'ailleurs, il manque les effets pyrotechniques, sans doute compliqués à mettre en place sous la tente Temple. Mais revenons au set de ce soir. Ils débutent les hostilités avec leur titre éponyme, issu de l'album "Morbid Fascination of Death" sorti en 2001. S'enchaîneront ensuite des extraits de pratiquement tous leurs albums. A l'image de Finntroll, le groupe semble se reposer sur ses vieux lauriers et vouloir vivre de ses titres qui commencent à vieillir, plutôt que de plancher sur un nouvel album. En tout cas, je remarque une chose, c'est qu'en live, la musique de ce groupe est plus brutale que sur album, ça manque assez de la dimension mélodique que l'on entend dans les enregistrements studio. Ce qui rend le set de ce soir bien plus tribal que ce à quoi on pourrait s'attendre quand on connaît les albums de Carpathian Forest, surtout lorsque le batteur joue de la double, qui couvre les autres instruments. De fait, même des morceaux tels que "It's Darker than you Think", que j'adore pourtant, me sont difficilement reconnaissables. Je suis obligée de constater que les réglages son sont juste mauvais... Sauf pour la reprise de "The Forest" de The Cure. De plus, je pense qu'il manque les samplers de synthé derrière les morceaux, ce qui n'arrange rien. Dommage. Vraiment. Merci tout de même pour l'intro de "The old House on the Hill" en toute fin de set, ce neutron bizarroïde que le groupe a proposé sur l'album que je préfère d'eux, à savoir "Defending the Throne of Evil".

REFUSED : Ici, on a du Punk Hardcore suédois, qui évolue depuis 1991 et qui compte à ce jour 4 albums, dont le dernier ("Freedom") sorti en 2015 après 17 ans d'attente (il faut dire qu'ils se sont séparés deux fois dans l'intervalle, aussi). Pour l'anecdote, ce sont des militants qui luttent en faveur des droits des animaux, et on les retrouve sur la Warzone. Ca commence de manière très brutale avec "Rather be Dead", avant de se calmer d'un coup au milieu du morceau, ce qui permettra à Dennis Lyxzén, chanteur de la formation, d'aller faire un tour dans le public, plutôt nombreux par ailleurs. Musicalement, ce que propose Refused ne ressemble à rien de ce que je connais déjà, et le premier morceau fait finalement office d'exemple à tous ceux qui suivront. Car Refused, c'est un enchaînement de changements constants tout au long de ses morceaux, c'est sa marque de fabrique. Donc c'est du Punk Hardcore, oui, mais bien plus doux que ce à quoi je m'attendais, quoi que par moments ça s'énerve un peu. Je trouve l'ensemble assez décousu, ça part un peu dans tous les sens pour moi, entre les couplets lents et les accélérations sur les refrains qui me déroutent. Musicalement, c'est aussi anarchiste que les paroles du groupe. J'entends aussi avec surprise l'intro de "Raining Blood" de Slayer vers le milieu du set. Perturbant pour moi. Pardon, mais j'ai vraiment du mal à suivre. Cependant, le set est précis et bien exécuté, reconnaissons-le, et les fans eux seront contents d'être restés pour voir ce groupe. Je vais tout de même avouer que pour l'un des derniers titres joués ce soir, à savoir "Refused are Fucking Dead", je suis contente d'être restée aussi, car celui-ci a su attirer mon attention.
 Et Dennis Lyxzén est un excellent frontman. Ce groupe est quand même à voir au moins une fois dans sa vie.


Photo des membres de Enter Shikari
Les membres de Enter Shikari

ENTER SHIKARI : Enter Shikari, c'est un drôle de melting pot musical britannique formé en 2003. Ses membres sont capables de changer de style plusieurs fois au sein d'un même album, voire d'un seul morceau. Un peu à la manière de Refused, mais en plus marqué encore, car Enter Shikari sort complètement du cocon Metal par moments, notamment avec des intros parfois clairement techno, et du rap en prime. Ils sont à la tête de 5 albums et, dès le premier morceau joué ce soir pour le dernier set du Hellfest (en même temps que Tormentor sur la scène Temple), on comprend qu'il y a en effet tout un panel d'influences diverses et variées dans ce que ce groupe a à proposer. Sur scène, ça donne quelque chose de très vivant, surtout grâce à Roughton « Rou » Reynolds, chanteur et leader de la formation qui donnera tout ce qu'il a sur la scène, tout au long du set. Je termine donc cette édition 2019 du Hellfest avec deux groupes qui se ressemblent tout en étant sensiblement différents. Deux découvertes qui marquent, que l'on aime ou pas ce que ces deux groupes proposent. Reynolds assure ses parties de chant comme un chef, peu importe le registre musical, en plus de sa présence scénique que je trouve exemplaire. Il en est impressionnant, et c'est ce qui rend Enter Shikari intéressant à voir en live. Les musiciens ne sont pas mauvais non plus, par ailleurs.

Et voilà, c'en est fini pour l'édition 2019 du Hellfest Open Air. Encore une fois ce fut une bonne mouture, même si cette année, les nouvelles découvertes à retenir ne furent pas nombreuses pour moi. je retiendrai surtout Böhse Onkelz en tant que coup de coeur, et je compte bien me pencher très vite sur sa discographie ainsi que sur celle de Beartooth. Et à côté, une seule déception, mais tellement regrettable quand on sait qu'il s'agit d'un groupe que j'aime sur album, il s'agit de Carpathian Forest. Bien sûr, je vous donne rendez-vous pour la 15ème édition du Hellfest, qui se déroulera du 19 au 21 juin 2020 =)

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