A chaque écrivain son style et sa façon - L'Antre de Bloodwitch

dimanche 19 janvier 2020

A chaque écrivain son style et sa façon

A chaque écrivain son style et sa façon
A chaque écrivain son style et sa façon

Chaque écrivain, qu'il soit en herbe ou accompli, a sa façon d'écrire. Et même moi, j'en ai changé, à plusieurs reprises. Je n'ai absolument pas l'audace de me comparer aux grands de ce monde, mais ils sont ceux au sujet desquels on sait de quelle manière ils s'y prenaient pour rédiger leurs textes mythiques, et c'est pour cette raison que je vais parler de ceux-là.

CHEZ LES GRANDS AUTEURS

En effet, certains auteurs avaient besoin d'un cadre bien particulier pour pouvoir écrire leurs histoires, et aujourd'hui encore, je pense que c'est toujours le cas, que la personne ait une renommée nationale voire internationale, ou qu'elle débute simplement. Car quand on écrit une histoire, je pense que chacun a sa façon de procéder pour se mettre dans les bonnes conditions. Certains aimeront s'entourer de musique, d'autres lui préféreront le silence complet. Certains auront une préférence pour écrire dehors, tandis que d'autres en seront incapables et choisiront plutôt de s'enfermer dans un bureau. Mais l'heure a également son importance pour beaucoup.

Prenons l'exemple de Voltaire, histoire de commencer quelque part. Il se réveillait particulièrement tôt le matin après une très courte nuit de sommeil afin de dicter ses pensées à son secrétaire qui les écrivait pour lui. Balzac quant à lui, débutait son travail de rédaction au beau milieu de la nuit, car c'était à ce moment-là qu'il avait le plus d'inspirations. Franz Kafka préférait s'y mettre plutôt tard le soir.

Pour ce qui est des besoins essentiels de l'écrivain, là aussi, il y a bien des disparités en fonction de la personne. Pour revenir à Balzac, il lui fallait pas moins d'une cinquantaine de cafés par jour pour l'aider à se concentrer. Charles Dickens avait opté quant à lui pour de longues marches nocturnes afin de trouver ses idées. De même, tous n'écrivaient pas assis, et Hemingway en est sans doute l'exemple le plus connu. Marcel Proust, lui, préférait la position parallèle au sol.

Comme quoi, à chaque écrivain sa méthode. Même qu'elle peut évoluer, voire complètement changer, avec les années. Et là, je vais vous parler de mon propre cas, puisque c'est celui que je connais le mieux (forcément =) ). Cela va vous permettre d'en savoir aussi un peu plus à mon sujet.


ME CONCERNANT

Je me souviens quand j'étais enfant, l'un des plus beaux cadeaux que je pouvais recevoir était un cahier vierge. Cela peut paraître bête, car il y a des cadeaux bien plus beaux, mais dès lors que j'avais terminé de noircir un cahier, rien ne me faisait plus plaisir que d'en recevoir un nouveau. C'est ainsi, j'ai toujours aimé écrire et ce, depuis que je sais le faire, et du matin jusqu'au soir, parfois très tard, dès lors que mon temps libre me le permettait. Aujourd'hui, je me mets quelques limites. Ainsi, j'écris principalement le matin de 9 heures et 13 heures, et l'après-midi de 14 heures et 19 heures, du lundi au vendredi. Et je fais une pause pendant les vacances scolaires, même si parfois il m'arrive de prendre quelques notes pour plus tard.


Couverture de "De Retour des Ténèbres", de Bloodwitch Luz Oscuria
"De Retour des Ténèbres", de Bloodwitch Luz Oscuria

Dans mes jeunes années, je n'ai jamais eu de lieu de prédilection pour que l'inspiration me vienne, je pouvais tout aussi bien écrire des pages et des pages enfermée dans ma chambre chez mes parents, que lors d'une heure de trou entre deux cours à l'école. J'ai même réussi à écrire plusieurs paragraphes de ma saga "Growing Antichrist" (dont le 1er tome est sorti en 2014) durant les dix minutes de pause auxquelles j'avais droit le matin et l'après-midi quand je travaillais dans les assurances, entre 2005 et 2007. Pour mon recueil de poésie "De Retour des Ténèbres" (2019), j'ai écrit la plupart des poèmes qu'il contient au Cimetière du Père Lachaise, dans un petit carnet qui me suivait partout, et la plupart des autres dans ma chambre chez mes parents. C'est dans cette pièce que j'ai écrit la majeure partie de mes essais d'enfance, peu importe le style.

Comme j'amenais mes cahiers au collège, parfois j'avais des problèmes, car il m'arrivait d'écrire pendant les cours. Avec le recul, cela me fait sourire aujourd'hui d'avoir été si insolente, mais un événement traumatisant m'a tout de même marquée à jamais. C'était lors d'un cours de Sciences de la Vie et de la Terre, en 4ème. Je m'ennuyais ferme car je ne m'intéressais pas du tout au sujet de ce cours (je suis une littéraire depuis toujours, les sciences ne m'ont jamais attirée), et j'ai donc dégainé mon cahier d'écriture du moment, de "Growing Antichrist" alors, et j'ai commencé à écrire. Un quart d'heure plus tard, le professeur m'a surprise, alors que le cahier était pourtant caché sous mon cahier de cours, et dont seul le  bas dépassait pour que je puisse écrire. Il a voulu me le confisquer. La peur de ne pas pouvoir le récupérer à la fin dudit cours fut telle que j'ai usé de toute la force que j'avais pour ne pas le laisser me le prendre. Il n'a jamais réussi à me l'arracher des mains, et a fini par abandonner, en me demandant méchamment de le ranger dans mon sac, sous le regard médusé de mes camarades. Ce que j'ai fait. Ma seule pensée à ce moment fut que j'avais sauvé mon cahier, rien d'autre ne comptait alors. C'était comme la prunelle de mes yeux, je ne l'aurais lâché pour rien au monde. Suite à cet incident, je n'ai plus jamais ressorti mes cahiers d'écriture lorsque j'allais à ce cours-là, cependant je continuais de le faire dans certains autres. Sauf les cours de français, d'anglais et d'espagnol, car ils m'intéressaient bien davantage que les cours de maths ou d'histoire-géographie.

Aujourd'hui, je travaille quasi exclusivement sur ordinateur, j'ai abandonné le support papier, et personne ne peut me le confisquer. Cependant, je ne peux donc plus écrire dans les transports en commun ou quand je me promène dans la rue, ni même au travail si j'en avais un à côté de mon travail d'écrivain. Mais si jamais une idée me vient alors que je n'ai pas accès mon ordinateur, soit qui me permette de continuer le roman déjà débuté sur ordinateur, soit pour une prochaine histoire, c'est mon téléphone mobile qui me sert aujourd'hui de support afin de rentrer mes notes. J'ai même rédigé le début de "La Brume de l'oubli" (2019) sur ce téléphone, avant de l'envoyer sur mon ordinateur, et je n'ai rien retouché de ce premier jet, si ce n'est les fautes de frappe faites sur mon écran au moment de la rédaction de cette introduction. C'était un après-midi, alors que je regardais une série dont le sujet n'avait strictement rien à voir avec l'idée du roman, assise sur le canapé dans mon salon. L'idée de l'histoire de Catherine m'a frappée de plein fouet, sans quoi que ce soit pour me faire penser que c'était le moment de trouver ma prochaine histoire, alors que cela faisait déjà pas moins de quatre ans que je n'écrivais plus rien de nouveau. Comme quoi, les idées me viennent vraiment n'importe quand, je ne choisis pas mes moments. Comme ceux où absolument rien ne me vient. Cela peut durer plusieurs semaines, pendant lesquelles je ne vais pas avancer du tout. Jusqu'au déclic qui me permettra de pouvoir avancer à nouveau. Par contre, s'il y a bien une chose qui ne change pas lorsque j'écris, c'est que je tâche de le faire le plus souvent en musique, que ce soit pour écouter tous les titres (et ils sont nombreux) qui me plaisent, ou pour découvrir de nouveaux albums que je n'avais pas encore écouté jusque-là. La musique a réellement une place centrale dans mon processus d'écriture, et parfois même, elle m'oriente dans ce que j'écris.


L'EVOLUTION DE MA MANIERE DE PROCEDER


Couverture de "Growing Antichrist, tome 1" de Bloodwitch Luz Oscuria
"Growing Antichrist, tome 1" de Bloodwitch Luz Oscuria

De mon enfance à 2012 :
Durant toute mon enfance, comme dit plus haut, je me suis servie de cahiers que je griffonnais les uns après les autres. J'avais commencé sur des cahiers petit format, de crainte de prendre peur devant du grand format. C'est donc dans ce petit format que j'ai fait mes premières armes et testé plein de choses, que ce soit des pièces de théâtre ou des bandes-dessinées, mais aussi quelques essais pseudo-philosophiques, ou encore des histoires courtes comme une au sujet de Jeanne d'Arc qui me fascinait alors. C'est finalement "Growing Antichrist" qui m'a fait passer au grand format car lorsque j'en ai débuté la rédaction, en novembre 2000, j'étais ce jour au collège en pleine heure de permanence et je ne savais que faire pour m'occuper. Je ne disposais alors que de pages doubles grand format dans mon sac, et je me suis donc servie de ce support afin de coucher les premières lignes de cette histoire dont je pensais ne faire qu'une petite nouvelle. Au début des années 2000, j'écrivais sur les cahiers grand format que j'évoquais plus haut, ce qui est pour l'instant devenu le premier tome de la saga "Growing Antichrist" (2014), sachant qu'il y en a quatre autres à venir. Pour cette histoire-là, alors qu'elle fait pas moins de 925 pages papier grand format, en terme de notes pour m'aider, je m'étais simplement bornée à un portrait de chacun des personnages de l'histoire dans un autre cahier à part, une page pour chacun d'eux, suivies d'une page par chapitre afin de les résumer brièvement sur deux ou trois paragraphes chacun. Et c'est tout. Je n'ai jamais pensé à créer la chronologie exacte des faits, malgré la densité de l'histoire, qui de petite nouvelle s'est muée en quelque chose de beaucoup plus ambitieux. Etrangement, j'ai trouvé le moyen de ne pas me perdre dans ma rédaction, et je ne comprends toujours pas à l'heure actuelle comment j'ai fait.


Couverture de "Nuit sur Pandémonia", de Bloodwitch Luz Oscuria
"Nuit sur Pandémonia", de Bloodwitch Luz Oscuria
Couverture de "Fiat Tenebra (Que les Ténèbres soient)", de Bloodwitch Luz Oscuria
"Fiat Tenebra (Que les Ténèbres soient)", de Bloodwitch Luz Oscuria

De 2013 à 2015 :
Pour les besoins de mes deux premiers romans publiés, "Nuit sur Pandémonia" (2013) et sa suite et fin, "Fiat Tenebra (Que les Ténèbres soient)" (2015), j'avais également besoin de plusieurs fichiers, mais les raisons étaient tout autres. En effet, cette histoire-là, que je tenais à publier en premier malgré plusieurs autres textes déjà terminés sur papier, dont certains avaient déjà plusieurs années d'existence, comprenait l'utilisation des histoires créées par chacune des personnes dont j'évoque le personnage dans ces deux romans. Car cette saga est un hommage à un jeu de rôle auquel je jouais, en compagnie de plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de personnes réelles si on compte l'ensemble du site web à l'époque. Et j'avais forcément besoin de la matière écrite des autres joueurs dont le personnage entourait le mien, afin de fournir une histoire complète. J'avais également recréé un arbre généalogique contenant toutes les familles concernées par cette histoire, la mienne, mais aussi les autres autour. Cela m'a demandé beaucoup de temps, des prises et reprises de contact avec les autres, pour au final en arriver à ces deux tomes. De même, je buvais pas mal de café à cette époque, c'était comme un besoin.

Seulement voilà, arrivée à l'aube de l'année 2016, l'envie d'écrire s'est perdue quelque part en moi. J'ai complètement cessé, et n'ai finalement sorti que le recueil de la saga des Vampires Divyns (2017), juste parce que je me suis dit qu'il fallait que je sorte quelque chose. Pourtant, les 4/5ème du manuscrit qui constitue "Growing Antichrist" m'attendent encore et toujours à l'heure actuelle, alors que je m'étais promis de sortir un tome par an entre 2014 à 2018. Les choses ont fait que seul le premier tome a pu voir le jour, et que la suite n'est toujours pas venue à l'heure actuelle. Je n'ai pas encore trouvé la motivation pour reprendre ce travail-là. Je tâcherai de me pencher de nouveau sur ce manuscrit, peut-être pour 2021. Car j'aimerais vraiment publier le point final de ce projet, qui reste à ce jour le plus long que j'ai pu écrire, bien qu'il ne soit pas le plus abouti du fait du jeune âge que j'avais lors de sa rédaction initiale. 


Couverture de "La Brume de l'oubli", de Bloodwitch Luz Oscuria
"La Brume de l'oubli", de Bloodwitch Luz Oscuria
Couverture de "L'Ombre du souvenir", de Bloodwitch Luz Oscuria
"L'Ombre du souvenir", de Bloodwitch Luz Oscuria

Depuis 2019 :
Le travail le plus abouti que j'ai pu faire jusqu'ici, selon les chroniqueuses et autres lecteurs dont j'ai eu des retours, c'est la saga des Souvenirs Oubliés (qui comprend "La Brume de l'oubli" (2019) et "L'Ombre du souvenir" (2019)), mes écrits les plus récents donc. Cela me fait sourire, étant donné le peu de temps qu'il m'a fallu pour en écrire les deux tomes, et surtout le fait que ces deux romans étaient juste un pari avec moi-même, d'écrire au présent et à la première personne pour une histoire on ne peut plus réaliste, chose que je n'avais encore jamais faite jusque-là. Car mon domaine de prédilection, c'est le surnaturel, la sorcellerie, les créatures "qui-font-peur". Je me suis du coup découvert un petit talent dont les chroniqueuses et lecteurs m'ont fait part, pour le thriller psychologique, que je ne me connaissais pas du tout, car je ne m'y étais encore jamais essayée. Un point intéressant, que je continuerai peut-être d'exploiter pour des écrits futurs.

Les choses ont encore évolué depuis que j'ai repris l'écriture avec la saga des Souvenirs Oubliés. Alors qu'auparavant j'écrivais sans prendre aucune note à côté du brouillon de mon texte, aujourd'hui j'ai bien changé. Pour la saga des Souvenirs Oubliés, mes notes se sont juste arrêtées aux noms de mes personnages ainsi qu'à un rapide listing du style :

- Catherine, 35 ans 
- Maman de William, 5 ans 
- Travaille dans une boîte d'assurances en prêts à la consommation 
- Suivie par le docteur Tullier, psychologue, chaque mercredi

Et j'ai fait cela pour les quelques autres personnages autour de cette héroïne. C'est tout. Et cela m'a permis de pouvoir rédiger l'histoire des deux romans de cette saga, pratiquement sans discontinuer. En effet, à peine avais-je terminé le premier que je m'attelais déjà à commencer la rédaction du second, alors même que le premier venait à peine de sortir.

Aujourd'hui, je me retrouve dans une situation où, pour les besoins de ma saga 2020, je dispose de pas moins de quatre fichiers pour un seul texte scindé en trois tomes. Pourquoi ? Eh bien, parce que l'un d'eux contient le brouillon du texte, le second liste mes idées pour la suite de l'histoire, voire des petites notes afin de ne pas oublier un événement sur lequel il faut que je revienne ensuite (pour ne pas avoir à rechercher le passage dans les innombrables paragraphes que l'histoire peut compter), le troisième contient une chronologie datée, et le dernier est un tableau qui constitue un arbre généalogique. Car l'histoire sur laquelle je suis depuis plusieurs mois est si dense que je ne peux faire autrement. J'ai donc vraiment besoin de mes quatre fichiers-supports, car même en leur présence, j'ai réussi à me perdre à plusieurs reprises entre les événements, les années, les personnages parfois aussi. Car cette histoire est beaucoup plus aboutie que celle de "Growing Antichrist". Il faut dire aussi que j'ai 20 ans de plus et forcément, je réfléchis d'une autre manière aujourd'hui, plus mûre et surtout, plus sûre de moi. Je dois également avouer que le fruit de cette nouvelle saga ne vient pas que de moi, mon compagnon me donne également des idées. Pour la première fois depuis que j'ai commencé à écrire mes premiers textes balbutiants à la recherche de mon propre style il y a environ 25 ans, je ne suis pas complètement seule à réfléchir à l'univers que je suis en train de construire, et c'est en partie ce qui explique la présence des fichiers-supports.

Peut-être continuerai-je à procéder de cette façon pour les prochaines histoires que je coucherai sur l'écran, car je me dis que finalement, ce n'est pas si mal d'avoir des fiches avec toutes les informations importantes. Je suis certaine de ne pas me perdre ainsi, dans les sillons des événements, et cela me permet de mieux me concentrer sur ce que j'écris. Et toujours en musique, bien entendu, car c'est ainsi que je retrouve la bulle qui me convient. Vous en saurez bientôt davantage sur cette nouvelle saga, qui sera bien plus ample en terme d'histoire, que les précédents romans que j'ai pu écrire. Voilà, à présent vous savez à peu près tout sur ma façon de travailler.

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