Narcos : Mexico - L'Antre de Bloodwitch

mercredi 4 décembre 2019

Narcos : Mexico



Affiche Netflix Narcos : Mexico
Narcos : Mexico


"Narcos : Mexico" est une série Netflix dont la première saison est sortie il y a environ un an, le 16 novembre 2018. Elle aurait dû être la suite de la série "Narcos" , que l'on trouve sur la même plateforme. Finalement, elle est dans une série à part entière, et personnellement je trouve que c'est bien mieux comme ça, car elle se centre complètement sur la façon dont le trafic de drogue s'est développé au Mexique, contrairement à la série mère qui est plus généraliste.

"Narcos : Mexico" est donc une série composée pour le moment d'une saison de 10 épisodes qui durent chacun une heure en moyenne, et ce temps d'épisode n'est pas trop long au vu de tous les événements qui s'y passent. Elle raconte, sans aucune concession et dans le plus strict respect de la vérité, l'histoire qui entoure le fameux El Padrino, le Sinaloan Miguel Angel Félix Gallardo de son vrai nom, baron de la drogue et chef du Cartel de Guadalajara, Mexique, le plus puissant au monde à cette époque. Incarné par Diego Luna, déjà vu précédemment dans "Star Wars : Rogue One", on assiste ici à la montée en puissance d'un personnage sympathique dans la police de Sinaloa, qui finit par sombrer peu à peu dans le trafic de Sinsemilia puis de cocaïne, en rassemblant toutes les plazas mexicaines. Au fur et à mesure qu'il prendra de l'importance au sein de son organisation, il deviendra de plus en plus froid.


Alejandro Edda / Joaquin "El Chapo" Guzman
Alejandro Edda / Joaquin "El Chapo" Guzman

Autour de lui, dans la série, on découvre également les premières heures du non moins célèbre El Chapo, un peu plus jeune qu'El Padrino, et personnage secondaire pour le coup mais dont on ne peut qu'apprécier la justesse du jeu d'acteur d'Alejandro Edda. Pour la petite anecdote, il a assisté au procès du véritable Joaquin Guzman. Non pas pour le rencontrer précisément, mais pour prendre des notes sur l'envergure d'El Chapo. Ce, dans le but de mieux appréhender encore le personnage pour la seconde saison de "Narcos : Mexico".

Mais bien entendu, l'histoire de cette saison ne tourne pas qu'autour des membres du Cartel de Guadalajara et des apparitions d'El Chapo. On assiste par exemple à une rencontre au sommet entre El Padrino et Pablo Escobar, fort bien campé par Wagner Moura. Les femmes ont aussi leur place, car pratiquement chacun des hommes de la série sont épaulés d'une manière ou d'une autre par une femme. Il faut prendre en compte le fait que le trafic de drogue n'est en effet pas qu'une affaire d'hommes. Et d'ailleurs, s'il y a bien deux personnages féminins dont il faut parler, ce serait Mika Camarena, la femme de l'agent de la DEA Enrique "Kiki" Camarena qui a une forte importance dans la série, ainsi qu'Isabella Bautista, une étrange manipulatrice connectée avec plusieurs pontes de la drogue. Deux femmes, deux univers complètement opposés.

Concernant Isabella, ce personnage s'inspire d'une narcotrafiquante bien réelle  et dont le nom est Sandra Avila Beltran, née dans une famille de trafiquants de drogue le 11 octobre 1960, et qui a su se faire une place en s'intégrant les plus hautes sphères du narcotrafic. Son histoire est par ailleurs racontée dans une autre série Netflix, "La Reine du Sud". Elle a retrouvé la liberté le 7 février 2015 après 8 ans passés derrière les barreaux et vit une existence rangée aujourd'hui. Mais revenons-en à notre série, et aux personnages masculins, qui restent tout de même majoritaires.


Rafael "Rafa" Caro Quintero / Tenoch Huerta
Rafael "Rafa" Caro Quintero / Tenoch Huerta

On a donc droit à une caméra qui va se concentrer sur les histoires annexes à celle d'El Padrino, comme celle de Rafael Caro Quintero alias Rafa, un autre baron de la drogue mexicain qui figure parmi les 10 fugitifs les plus recherchés par le FBI aujourd'hui encore. Il est le co-fondateur du Cartel de Guadalajara avec El Padrino dans les années 70, et possédait notamment la plus grosse exploitation de Marijuana de l'histoire à El Bufalo dans le désert de Chihuahua (pas moins de 120 hectares qui seront détruits après leur découverte par la DEA), dont l'exportation ira jusqu'aux États Unis avec le développement du Cartel, et ses alliances avec celui de Medellin, de Cali et de Tijuana. C'est d'ailleurs à Tijuana que ce Cartel, dont l'histoire est livrée dans cette série, est né. Il est aussi à l'origine de la recette de la Sinsemilia. Le personnage de "Rafa", bien que tes central dans les premiers épisodes, devient plus secondaire par la suite, quand El Padrino décide de concentrer le trafic sur la cocaïne au lieu de la marijuana de Rafa. Cela dit, le fond de l'histoire de ce dernier reste fondamental à la série, puisque la production première du Cartel a été la sienne.


Ernesto "Don Neto" Fonseca Carrillo / Joaquin Cosio
Ernesto "Don Neto" Fonseca Carrillo / Joaquin Cosio

Aux côtés de ces deux hommes, on a Don Neto, Ernesto Fonseca Carrillo de son vrai nom, très bien interprété par Joaquin Cosio. Il a dirigé le Cartel de Guadalajara et il s'agit du 3eme personnage le plus l'important de la série. Il est l'oncle d'Amado Carrillo Fuentes, dirigeant du Cartel de Juarez et que l'on voit également à plusieurs reprises dans la série. Concernant Don Neto, on le voit au fil des épisodes gagner en envergure, jusqu'au tournant que sera la mort de son fils, assassiné par mégarde par un de ses plus proches amis qui désirait le tirer des griffes d'un mal élevé qui venait de se soulager sur sa voiture. Une scène terrible, et à mon sens la plus difficile psychologiquement de toute la saison. On en viendrait presque à compatir avec la douleur de Neto, qui n'est pourtant pas un enfant de cœur, et le prouvera à plusieurs reprises d'ailleurs. À commencer par la manière dont il va venger cette mort.


Enrique Camarena / Michael Pena
Enrique Camarena / Michael Pena

Et dans le camp en face, forcément, on a la DEA, et plus spécifiquement Enrique Camarena, alias Kiki, un ancien de la Marine qui a fait du combat contre la drogue sa principale préoccupation, ce qui le fera débarquer à Guadalajara en 1980. Suite à la découverte de sa mort le 5 mars 1985, dont El Padrino a été accusé et condamné par ailleurs, la femme de Camarena a décidé de créer une fondation à son nom pour prévenir les jeunes des dangers de la drogue. Pour la petite histoire, la NBC a réalisé en 1990 un documentaire qui relate de façon romanesque l'histoire de Camarena, nommé "Drug Wars : the Camarena Story". Le personnage campé par Michael Pena dans "Narcos : Mexico" est tout aussi central que celui d'El Padrino". En effet, la série se penche tout particulièrement sur le parallélisme entre le développement du Cartel de Guadalajara et la lutte de la DEA contre lui.

Toujours est-il que l'enlèvement puis le meurtre sous la torture du véritable Enrique Camarena a ouvert la voie à l'opération Leyenda aux États-Unis, pour la lutte contre les narcotrafiquants. La scène de l'enlèvement de Kiki est par ailleurs très bien tournée dans la série. Quant au regard que le personnage échangera avec El Padrino ensuite, il en dit très long sur les pensées qu'ont pu avoir les deux hommes si cette scène a vraiment eu lieu. Car dans la réalité, El Padrino a toujours nié ce meurtre, malgré les 40 ans de prison dont il a écopé à la fin des années 80. Et on ne sait pas réellement ce qui est arrivé à Kiki entre le moment où il a été enlevé, et le moment où son corps a été retrouvé, un mois plus tard, en partie décomposé. En tout cas, la conséquence de cette découverte a été le début du chaos au Mexique. Car El Padrino avait bien des alliés parmi la police mexicaine, et comptait même le Gouverneur Antonio Toledo Corro parmi ses proches. Certains pointent la responsabilité de la CIA dans le meurtre d'Enrique Camarena. Difficile de démêler le vrai du faux.


Miguel Angel Félix Gallardo / Diego Luna

Pour en revenir à "Narcos : Mexico", au final, cette première saison nous montre immensément bien le jeu du chat et de la souris qui prend place entre les "gentils" et les "méchants". Elle se déguste avec saveur et nous projette avec une froideur très juste dans la réalité de la création de l'un des premiers Cartels de l'histoire, entremêlant avec habileté les images scénarisées et les images d'archives réelles, pour nous distiller une bonne dizaine d'heures de changements d'émotions au gré des faits auxquels nous assistons. Un joli tour de force de la part du showrunner Éric Newman.

Retrouvez la liste complète des articles de l'Antre, triée par monde, en cliquant ICI.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire