L'origine du Vampire - L'Antre de Bloodwitch

jeudi 24 septembre 2015

L'origine du Vampire

On connaît de nombreuses histoires ayant trait au vampirisme. Mais connaît-on bien l'origine de ces créatures de la nuit ? Dans cet article, je vous propose de découvrir les fondements de ces légendes. Commençons par la définition du mot. "Vampire" vient de l'allemand "Vampyr", et désigne un mort sorti de sa tombe pour sucer le sang des vivants dans le but de se régénérer.
De très nombreux romans, mais aussi des témoignages, sont à l'origine de la définition du Vampire. On en retrouve en effet des traces depuis la nuit des temps, et dans toutes les civilisations, qu'il s'agisse de Vampires ou de créatures proches.


La légende la plus populaire



La peinture "Caïn tuant Abel", par Rubens

"Caïn tuant Abel", par Rubens

Commençons par le commencement, à savoir la croyance dont la naissance se situe au plus vieux : Caïn. Caïn est le fils d'Adam et, pour avoir tué son frère Abel, il fut maudit et transformé en Vampire par Dieu, avec les caractéristiques qu'on connaît : besoin de sang pour "vivre" et crainte du soleil. Caïn rencontra ensuite Lilith, une sorcière qui fut la première femme de son père Adam, et qui lui apprit à engendrer d'autres Vampires. Belle histoire, n'est-ce pas ? Mais ceci n'est qu'une légende, et encore faut-il croire au mythe d'Adam et Eve pour croire en l'existence de Caïn et de Lilith... Et d'ailleurs, cette légende vampirique serait consignée dans un ouvrage nommé "Livre de Nod", sauf que celui-ci n'existe pas et vient juste du jeu de rôle "Vampires : La Mascarade". Donc aucun intérêt pour cet article dans lequel je souhaite évoquer la réalité. Alors voyons plutôt les faits véridiques.

Une définition du Vampire de l'époque

Et commençons par la façon dont on décrivait les Vampires. Les témoignages sont tous d'accord pour dire qu'il s'agissait de créatures repoussantes, le plus souvent au corps gonflé par le sang dont ils se nourrissaient avant de rejoindre leur cercueil pour se reposer le temps du jour. On croyait que le vampirisme était contagieux, aussi on se méfiait des nouveaux venus dès lors que leur apparence paraissait suspecte. Il suffisait en effet d'une tare physique pour être suspecté d'être un Vampire, une malformation physique le plus souvent, comme un bec de lièvre. De même, on se méfiait des enfants dès lors que leur développement s'éloignait du conventionnel, comme lorsque leur dentition était précoce par exemple. 

Les bruits couraient que les Vampires se nourrissait du sang des vivants, en les mordant à différents endroits comme le cou, la poitrine, les chevilles et poignets, mais aussi les cuisses. Ainsi anémiée, la victime décédait quelques jours plus tard, avant de revenir parmi les vivants pour faire subir le même sort à quelqu'un d'autre. On tient là l'origine de la métamorphose par morsure. Des témoins rapportèrent également avoir été violés durant leur sommeil, ou encore étranglés, leur occasionnant suffocation et cauchemars.

Les Vampires n'avaient donc rien du suceur de sang que l'on voit au cinéma aujourd'hui, d'apparence classe, sombrement attirant, beau et propre sur lui. Pas de métamorphose, pas de force surhumaine, pas de regard hypnotique. Et si on leur prêtait effectivement un teint pâle dès les premiers témoignages, la caractéristique concernant les canines anormalement longues ne se retrouve dans les récits qu'à partir du XVIIIème siècle (voir ci-dessous le poème "Der Vampyr", de Heinrich Augustin Von Ossenfelder, 1748), on ne dispose d'absolument rien de plus ancien. Si vous pensiez que les Vampires vus dans Buffy, True Blood et Vampire Diaries correspondent à la réalité, vous avez tout faux. Et je ne parlerai même pas de ceux de Twilight.
Der Vampir
Heinrich August Ossenfelder
 
My dear young maiden clingeth
Unbending fast and firm
To all the long-held teaching
Of a mother ever true;
As in vampires unmortal
Folk on the Theyse's portal
Heyduck-like do believe.
But my Christine thou dost dally,
And wilt my loving parry
Till I myself avenging
To a vampire's health a-drinking
Him toast in pale tockay.
And as softly thou art sleeping
To thee shall I come creeping
And thy life's blood drain away.
And so shalt thou be trembling
For thus shall I be kissing
And death's threshold thou' it be crossing
With fear, in my cold arms.
And last shall I thee question
Compared to such instruction
What are a mother's charms?
Les véritables origines du Vampire

Les premiers à mentionner l'existence de ces créatures sont les peuples babylonien, égyptien et assyrien. Attention cependant, le terme n'existe alors pas du tout ! En effet, il n'est inventé qu'au XVIIIème siècle. A cette époque, on parle de "revenants en corps". A présent que ce point est clair, revenons-en à nos moutons. Les Assyriens usaient d'incantations afin d'empêcher les morts de revenir à la vie. Dans l'Egypte antique, le culte des morts était encore plus complexe, et donnait lieu à des cérémonies spécifiques afin d'aider les âmes des défunts à aller dans l'au-delà. Dans l'antiquité, on plaçait de la nourriture et de la boisson dans les tombes afin que les morts ne manquent de rien. Les paysans y ajoutaient en plus une faucille, symbolisant les travaux lors des moissons. Ces rituels étaient sensés occuper suffisamment les défunts durant le temps de leur voyage vers l'au-delà, et ne pas leur donner l'envie de revenir parmi les vivants. En résumé, la croyance populaire voulait qu'ils ne devaient manquer de rien.

Nous sommes aux alentours du Vème siècle après Jésus Christ, et les premières histoires vampiriques marquantes concernent alors deux types de créatures, nommées Lemures chez les Romains, et Lamies chez les Grecs. Les Lemures désignent les hommes mauvais, et ceux qui ont péri de mort violente. Une cérémonie appelée Lemuria avait lieu pour ces défunts, afin de les apaiser. Du côté des Grecs, les Lamies sont selon la croyance populaire des corps de serpent surmontés d'une tête féminine, et vidant le sang des enfants ou alors déterrant des cadavres pour les manger. Une variante aux Lamies existe chez les Saxons, et elle est nommée "Stryge". Ce terme désigne les sorcières et les spectres de longue date qui dévorent les vivants.

Mais c'est à partir du XIIème siècle qu'ont eu lieu les véritables frénésies anti-Vampires. En effet, les épidémies de maladies étant légion, il fallait bien un coupable. Le XIIème siècle a été particulièrement marqué, entre la variole, le scorbut, la grippe, mais surtout l'ergotisme et la lèpre qui connaît son apogée. Cependant, les premiers traités visant les Vampires ne furent publiés que 4 siècles plus tard. Vous pouvez trouver l'un de ces traités dans son intégralité, gratuitement : ICI ! Accrochez-vous bien cependant, il fait pratiquement 840 pages... Mais penchez-vous sur les pages 461 et suivantes.

La lutte contre les Vampires

A cette époque, les lois pour les vivants et les morts étaient les mêmes, ainsi les Saxons brûlaient sans hésiter les hommes et les femmes accusé(e)s d'être des Vampires. Mais le Roi Charlemagne, fervent Chrétien, ne croyait nullement en ces créatures malfaisantes, et il condamnait donc à mort les responsables de ces crimes, sans fondement selon lui. A la même époque, dans toute l'Europe mais surtout dans les Balkans, l'opinion publique était convaincue que des hordes de Vampires infestaient les campagnes et décimaient la population, notamment dans les petits villages. Ainsi, on n'hésitait pas à déterrer des cadavres afin de les tuer une seconde fois. Mais avant, ils s'assuraient que des traces tangibles puissent prouver que le cadavre en question était bien un Vampire en sommeil. Aussi on regardait l'état de décomposition du corps, ou encore un gonflement de celui-ci, tendant à prouver une présence vampirique. On croyait aussi que la lune pouvait ranimer les morts, et que les Vampires étaient responsables des épidémies.

Photo du crâne d'un défunt avec une pierre entre les mâchoires
Un défunt avec une pierre entre les mâchoires

Des fouilles relativement récentes révélèrent une pratique voulant que les corps étaient enterrés couchés sur le ventre dans certains pays à cause de ces croyances. Dans d'autres, on découvrit une pierre posée sur la poitrine des défunts, parfois même sur leurs mains ou leur tête, à priori pour les empêcher de se relever. On en trouva également d'autres où les défunts étaient ligotés aux mains et aux jambes, un gros caillou coincé entre les mâchoires, un clou dans la tête, ou encore un pieu planté dans le cœur. On date ces pratiques entre le VIème et le XIIIème siècle. Cela tend à prouver que la croyance en ces créatures nocturnes a persisté bien longtemps avant de s'éteindre. Et encore, s'est-elle vraiment éteinte ?

* Retrouvez "Le Novae Terrae, tome 1  La Guerre du Sang", dans lequel je traite de ce sujet, disponible depuis le 18 mars 2020, sur les liens suivants : 


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