Soul-X, "The Killing Machine" - L'Antre de Bloodwitch

dimanche 21 février 2021

Soul-X, "The Killing Machine"

Les membres de Soul-X
Les membres de Soul-X

Aujourd'hui, je viens vous parler d'un groupe indépendant lillois qui porte pour nom Soul-X ! Née en 2000, la formation vient tout juste de sortir son dernier clip. Avec la participation de Arno Dhenain, le chanteur du groupe de Metalcore Black Bomb A que l'on ne présente plus avec 7 albums sortis depuis sa formation en 1995, le morceau se nomme "The Killing Machine", du nom éponyme du premier album de Soul-X sorti le 4 octobre 2019, après une démo de 4 titres sortie en 2003.

Mais tout d'abord, qu'est-ce que Soul-X ? Il s'agit d'un groupe qui présente sa musique comme étant du Thrash Metal Old School. Tous droit venus de la région lilloise, ses membres ont sorti leur premier album il y a un peu plus d'un an. Comme beaucoup de jeunes groupes (quoi qu'ici, le mot "jeune" est somme toute assez relatif car Soul-X est né il y a pratiquement une décennie, et même qu'il vient des cendres de Bloodshed (1996-2002), et que deux des quatre membres de Soul-X d'aujourd'hui en sont issue), les membres sont passés par divers tremplins et autres petits festivals pour se faire un nom. Cela leur a permis de se faire la main aux côtés de quelques gros noms de la scène Metallique française, tels que Gojira ou encore Dagoba (je me souviens encore du débat que j'avais eu avec le bassiste de Slipknot, Jim Root, qui ne me croyait pas quand je lui avais dit qu'ils étaient bel et bien français). Ils ont également fait la première partie de Loudblast en 2004 à Calais, ce qui reste à ce jour leur meilleur souvenir scénique. Ils ont décidé de passer à la vitesse supérieure en sortant leur premier album il y a à peine plus d'un an, "The Killing Machine", après leur démo de 2003, et nous allons voir à présent ce qu'il en est !

Je tiens avant toute chose à remercier Maxime Lesur, bassiste du groupe, pour m'avoir fait parvenir cet album. Je l'ai reçu en format digipack, accompagné par un grand sticker flanqué du logo du groupe. Très sympa, merci encore ! Le packaging de "The Killing Machine" est plutôt sobre, et son livret ne compte que deux panneaux, dont l'intérieur présente simplement le portrait des 4 membres du groupe : Grég. Hespel au chant et à la guitare, Jérôme Leplat à la seconde guitare, Antoine Marlier à la batterie, et bien sûr Maxime Lesur à la basse. Pas besoin d'en faire forcément davantage, en tout cas le travail est propre ! Et on sent bien la volonté de Soul-X de dépasser les frontières francophones, le texte au dos du livret étant entièrement rédigé en anglais, en plus des paroles de l'album. Avant de l'écouter dans son intégralité, et de découvrir s'il mériterait de dépasser effectivement nos frontières, je me suis penchée sur le clip de son titre éponyme, disponible sur Youtube depuis le 26 janvier dernier :


Y a pas à dire, ça a de la gueule ! Entre autre par le fait qu'il s'agit d'un featuring avec Arno Dhenain (Black Bomb A) comme dit en introduction à cet article, ce qui peut permettre à Soul-X de commencer à se faire réellement un nom, mais aussi parce que ce titre est réellement efficace ! Ici, on retrouve des sonorités déjà entendues précédemment chez certains groupes, je pense par exemple dans une certaine mesure à Beyond the Flesh que j'écoutais au début des années 2000 (et qui n'a malheureusement pas percé alors que c'est un groupe qui l'aurait mérité) ou encore à Raging Speedhorn voire Pro-Pain, bien plus connus aujourd'hui. Derrière ce titre qu'est "The Killing Machine", on entend effectivement la dimension Thrash Metal que Soul-X défend, mais pas que. En effet, je perçois un style plus proche du SludgeCore ici, et cette mise en bouche me donne envie d'en écouter davantage. Je suis donc allée fouiller le reste de la chaîne YouTube du groupe avant de me pencher sur l'album lui-même, et j'y ai trouvé ceci :


Eh oui, le clip de "The Killing Machine" n'est pas le premier que Soul-X nous propose, ils nous ont déjà gratifié de cette vidéo il y a quelques mois pour le titre "We're Back (No Compromise)", tourné en grande partie sur une scène. Voilà plus de deux décennies que le groupe existe, sous un autre nom certes, mais cela ne fait finalement que très peu de temps que ses membres ont décidé de passer à la vitesse supérieure, puisque ce premier clip ne remonte qu'à septembre dernier. Et on peut dire que pour une première vidéo, ça dépote bien ! Le son est propre, l'image aussi, on sent que le groupe ne débute pas et que ses membres sont à l'aise devant une caméra. Mais là encore, j'entends plus quelque chose qui ressemble à du SludgeCore saupoudré d'un Power énervé qu'à du Thrash Old School comme le groupe le dit lui-même, et je ne vous cache pas que ça aurait tendance à m'arranger, moi qui ne suis pas une grande fan du Thrash pur.

Nous avons donc là un bon aperçu de ce que le groupe propose. Voyons à présent l'album en lui-même, qui est d'une durée de 35 minutes, compte 9 titres, et s'ouvre sur une intro nommée "Infection Within". En à peine une minute et 30 secondes, nous comprenons que cet album qui débute va nous envoyer plein la tronche, c'est indéniable ! L'ambiance de cette intro est pesante, assourdissante presque, et augure du bon pour la suite. On enchaîne directement sur "Son of a Bitch", avec une batterie qui rejoint les guitares, dans une rythmique lourde, très lourde. On imagine très bien ce morceau en début de set live. Après une minute 30, le rythme s'accélère, et on peut enfin découvrir réellement la voix de Grég. Hespel, très en place et maîtrisée. Comme l'introduction de l'album le laissait présager, nous sommes en effet sur du lourd. Et pour ne rien gâcher, ce morceau passe très bien, et se retient facilement en plus. Il dégage une ambiance malsaine qui n'est pas sans rappeler certains morceaux de Ministry (pourtant pas dans le même domaine musical).

"Disciple" propose un univers légèrement différent du titre précédent, mais tout aussi puissant, et qui n'est pas sans me faire penser à du Dagoba par moments. Pour ma part, je trouve cet extrait même plus intéressant encore que le premier, j'y reviendrai sans aucun doute, et avec plaisir, car ce titre est une excellente surprise ! J'ai la sensation que plein de noms de groupes vont me venir en tête tout au long de l'écoute de cet album, et ces multiples influences que je ressens, réelles ou non, font réellement la force de Soul-X. "The Unholy Sin" débute sur les chapeaux de roues. Pas d'intro ici, on entre dans le vif du sujet immédiatement. Il s'agit par ailleurs du titre le plus long de "The Killing Machine", avec ses 5 minutes 18. Ce morceau se rapprocherait de par sa construction à du Slipknot, alors que Soul-X ne fait pas dans le Nu-Metal.

"Speech for the Dumb"  dénote de "The Unholy Sin", par une introduction beaucoup plus lente, bien plus lourde également, qui nous emmène aux frontières du Doom Metal. Antoine Marlier a l'occasion ici de nous proposer un bon panel de ce qu'il sait faire avec une batterie, et le moins que l'on puisse dire, même si j'aurai un peu moins apprécié ce morceau que les précédents, c'est qu'il est doué ! On revient ensuite sur "The Killing Machine", ce morceau qui fait l'objet du second clip de Soul-X avec le featuring d'Arno de Black Bomb A. A l'entendre au sein de l'album, il y trouve aisément sa place et son efficacité reste au summum, même sans les images du clip.

"Violence" porte bien son nom, ça c'est clair ! Soul-X fournit une grande énergie ici que l'on aimerait pouvoir entendre en live (rendus compliqués par la situation sanitaire actuelle). Ce morceau est sans doute le plus direct de cet album, sans concession aucune, il s'agit d'une véritable descente aux enfers, dans le bon sens du terme ! Et même le ralentissement qui a lieu peu après la première minute de cet extrait, qui fait par ailleurs office de refrain, ne nous épargne pas, nous laissant au contraire un sentiment de malaise, qui s'enchaîne sur un nouveau couplet rapide, violent, dont on ne peut sortir indemne. "We're Back (No Compromise)" était le sujet du premier clip extrait de cet album. Etait-ce le meilleur choix ? Tout dépend de la sensibilité de chacun, pour ma part j'aurais sans doute préféré "Disciple". Mais ce titre n'est pas pour autant dénué d'intérêt, loin de là, il s'écoute même plutôt bien et je peux comprendre que le groupe ait choisi celui-ci.

"April Grin" est un morceau spécialement dédié à une demoiselle nommée Eléna H. comme le dit le livret de l'album. Ce qui est surprenant ici, c'est de finir sur cette douceur, que l'on n'entend absolument pas dans tout le restant de l'album. Soul-X montre ainsi une sensibilité dont on ne se serait pas douté durant les 8 titres précédent, c'est donc sur une étonnante petite bulle de fraîcheur que l'on termine "The Killing Machine". Sur un goût de trop peu hélas, car les 35 minutes seront passées terriblement vite ! Il aurait été franchement bien que Soul-X puisse défendre cet album en live, malheureusement le Coronavirus en a décidé autrement en coupant l'herbe sous le pied du groupe, peu après sa sortie. Et cette situation n'aide pas du tout le groupe, qui a comme tous les autres dû annuler plusieurs lives. Espérons que les choses s'améliorent au plus vite, que ce groupe puisse monter sur une scène à nouveau, et pouvoir défendre enfin ce premier album comme il se doit de l'être, prometteur d'une belle carrière pour le groupe !

Quant à savoir si Soul-X mériterait de dépasser les frontières francophones, c'est indéniable ! Ils n'ont rien à envier à des formations beaucoup plus connues, et je leur souhaite de percer ! Cependant, je pense qu'ils ne doivent pas s'enfermer dans le carcan du Thrash Old School en présentant leur musique ainsi, leurs compositions ne sont définitivement pas du simple Thrash Old School, c'est bien trop réducteur. C'est un mix de plein d'influences différentes, voulues ou non de la part du groupe, mais c'est là tout l'intérêt de Soul-X !

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