Bloodwitch Luz Oscuria, "L'Ombre du souvenir", extrait n°1 - L'Antre de Bloodwitch

dimanche 10 novembre 2019

Bloodwitch Luz Oscuria, "L'Ombre du souvenir", extrait n°1

Couverture de "L'Ombre du souvenir", de Bloodwitch Luz Oscuria
"L'Ombre du souvenir", de Bloodwitch Luz Oscuria

     – Il se réveille !
     Une voix de femme. A qui appartient-elle ? Je ne la reconnais pas. Et où suis-je ? Je viens à peine d’ouvrir les yeux que la lumière alentour m’éblouit. Il me semble que j’entends quelqu’un s’éloigner en courant. Je ne suis pas certain, je ne parviens pas à émerger.
     Je crois apercevoir ce qui a l’air être un plafonnier au-dessus de ma tête, semblable à ceux que l’on peut voir dans les hôpitaux. C’est lui qui m’aveugle. Je détourne mes yeux fraîchement ouverts afin de regarder ce qui se trouve autour de moi.
     Je suis allongé dans un lit qui ne m’est pas familier. Un lit d’hôpital pourvu d’un drap blanc immaculé sous lequel mon corps est caché. J’aperçois mes orteils bouger à l’autre bout de la couchette. C’est bon signe, je crois. Je tente de lever ma main droite vers mon visage. Je vois enfin mes doigts au bout de quelques secondes, encore engourdis pour pouvoir me mouvoir à une vitesse normale.
     A ma droite, une petite commode sur laquelle est posé un téléphone fixe rouge, dont le combiné est relié à sa base avec un fil torsadé rempli de nœuds. Il y a aussi un verre d’eau vide à côté duquel traîne négligemment un livre ouvert, un marque-page placé dedans. Au-dessus, une grande fenêtre à double vitrage, fermée. Dehors, le soleil envoie ses rayons dans ma direction. Il fait beau.
     A ma gauche, une immense armoire beige qui m’empêche de voir ce qui se trouve au-delà. Sans doute la porte de cette chambre dans laquelle je suis seul. J’ai pourtant bien entendu une voix. Mais la personne qui a parlé doit être celle qui est partie précipitamment.
     J’entends des éclats de paroles. Quelqu’un s’approche. Et en effet, quelques secondes plus tard, deux individus se retrouvent devant mon lit. Je ne discerne pas correctement leur visage, je ne sais si ce sont des hommes ou des femmes, ma vue est encore embrumée par mon réveil trop récent.
     – Il ne faut surtout pas le brusquer.
     Cette voix appartient à une femme. Le ton avec lequel elle vient de parler me laisse deviner qu’elle n’est pas très jeune. La cinquantaine peut-être. Je l’imagine petite. Et brune, avec des cheveux sans doute retenus par un chignon. Ce doit être une infirmière, elle ne devrait pas avoir la tignasse lâchée sur ses épaules, c’est interdit dans ce genre de métiers. Il faudrait que je puisse la voir pour me faire une meilleure idée de ce à quoi elle ressemble.
     – Je suis venue vous prévenir dès qu’il a commencé à bouger.
     Une autre femme. Plus jeune celle-ci. Je la pense plutôt grande et blonde, contrairement à son interlocutrice. Elle ne doit pas être infirmière, tant le ton sur lequel elle vient de parler laisse deviner aisément une panique sans précédent. On dirait qu’elle a vu un fantôme au moment où elle prononce cette petite phrase insignifiante. Est-ce moi, ce fantôme ?
     – Laissons-le reprendre ses esprits. Mais n’oubliez pas, il va falloir y aller doucement.

* "L'Ombre du souvenir", disponible depuis le 1er décembre 2019, à retrouver sur les liens suivants : 
L'Antre 
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La Fnac
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