Marilyn Manson, "Mechanical Animals" - L'Antre de Bloodwitch

lundi 11 janvier 2016

Marilyn Manson, "Mechanical Animals"

La pochette de l'album "Mechanical Animals"
La pochette de l'album

J'aurais pu me contenter d'un simple article hommage à David Bowie, décédé ce jour d'un cancer à l'âge de 69 ans. J'ai décidé d'en proposer un, mais à ma façon. En effet, j'ai choisi de traiter d'un album qui n'est pas de lui, mais né grâce à lui. En effet, l'album "Mechanical Animals" de Marilyn Manson n'aurait jamais vu le jour si David Bowie n'avait pas créé un certain Ziggy Stardust en 1972. De la même manière que Bowie nous a présenté son alter ego, Manson a sorti le sien le 14 septembre 1998.


Que l'on aime ou non Marilyn Manson dans un univers aussi décalé de celui auquel il nous a habitués est une chose, il faut en tout cas se pencher un peu sur cet alter ego qu'il nous montre ici. Dénommé Omega, c'est donc à travers l'album "Mechanical Animals" que nous découvrons cette facette si particulière de sa personnalité. Manson ne s'est jamais caché d'avoir Bowie pour principale inspiration, et on peut dire qu'Omega est une demi-soeur de Ziggy. Mais revenons à l'album lui-même. "Mechanical Animals" est un album concept et, bien que faisant partie d'une trilogie inversée avec "Antchrist Superstar" et "Holy Wood", il est particulièrement coloré et sonne très glam rock des 70's, contrairement aux deux autres qui sont de véritables exemples de noirceur et de mélancolie. Ici, deux personnages sont mis en exergue : Omega, extraterrestre toxicomane descendu sur terre et transformé en star du rock mangé par le système au sein du groupe The Mechanical Animals, et Alpha, calqué sur Manson lui-même et dont les émotions découlent des faits et gestes d'Omega. Tandis qu'Omega, du fait d'être devenu un produit commercial au sein de son groupe, est insensible et froid, Alpha devient de plus en plus vulnérable à mesure qu'il se rend compte que tous autour de lui ne sont que des animaux mécaniques dépourvus d'émotions. La moitié des chansons de cet album sont écrites du point de vue d'Omega, l'autre moitié de celui d'Alpha.


La pochette alternative
La pochette alternative

Bien que "Mechanical Animals" ait été sujet à controverse à sa sortie, de par sa couverture, il s'est vendu pratiquement aussi bien qu' "Antichrist Superstar". En effet, de persistantes rumeurs voulurent que Manson soit passé par la case chirurgie esthétique afin de s'offrir réellement l'apparence d'Omega, qui est représenté sur cette couverture. Comme la plupart des rumeurs dont il fait l'objet, il n'en est rien. On peut retourner le livret afin d'obtenir une autre couverture, bien moins "gênante", à voir ci-dessus. Ce livret vaut que l'on s'y attarde. On y constate notamment que les paroles sont rangées dans un ordre très particulier, qui n'est absolument pas celui d'écoute de l'album. Cet ordre marque la différence entre Alpha et Omega, qui semblent se répondre lors de l'écoute, mais dont les dires sont séparés dans le livret. De plus, le livret en lui-même cache de nombreux messages secrets, que l'on peut décoder grâce au boitier, de couleur bleue. 

Passons enfin aux morceaux eux-même. Ce qui suit est la chronique présente sur le site Metal Impact, rédigée par mes soins et publiée le 7 novembre 2007. Si je ne la réécris pas, c'est tout simplement parce qu'aujourd'hui, je ne l'écrirais pas autrement :

Quel étrange neutron, quelle différence avec Antichrist Superstar, le précédent album du révérend Manson ! L’on passe d’une musique torturée à une musique très axée Glam, quel choc ! Finie la période sombre et décadente inhérente à cet album-là ? Non, la pochette, si surprenante avec ses tons si clairs n’est qu’un fake. Elle semble représenter une face plus claire de la personnalité du révérend mais Omega, ce clin d’œil à Ziggy Stardust de David Bowie, cet androïde dont on ne saurait dire s’il s’agit d’un homme ou d’une femme, représente autant la dégringolade vers tout ce qu’il y a de moins pur sur cette planète que l’ange déchu présent sur la pochette d’Antichrist Superstar. Preuve en est le titre « I Don’t Like The Drugs (But The Drugs Like Me) », tel un hymne, une véritable apologie de la drogue au sens général. Idem concernant « The Dope Show ». En comparaison, le morceau « Rock Is Dead » semble déjà plus joyeux au niveau des paroles bien que là encore, le sujet n’est pas bien gai. Cette chanson a par ailleurs servi de générique au film « Matrix ». On dispose d’un autre morceau dans cet album au sujet de la drogue sauf que celui-ci, contrairement au précédent, n’en fait pas l’apologie. Il s’agit de « Coma White », témoignage d’une overdose de drogues par une femme. On se rend compte, en prêtant attention aux paroles, que malgré le côté plutôt joyeux de la musique sur la plupart de morceaux de cet album ainsi que la pochette aux tons si clairs, l’univers de Marilyn Manson reste toujours aussi sombre. Le livret en lui-même est un bon témoignage du désordre qui règne, il est aussi étrange que celui d’Antichrist Superstar, recelant des messages cachés visibles uniquement avec l’aide du boitier, ce qui explique que celui-ci soit bleu. Une autre étrangeté, le titre caché de cet album, nommé très judicieusement « Untitled » et qui se trouve sur la plage multimédia de l’album. Il s’agit d’un morceau très basique, avec peu de paroles et une musique vraiment minimaliste orchestrée par Madonna Wayne Gacy, le claviériste. Encore une fois, Marilyn Manson réussit à surprendre, voire même à déstabiliser l’auditeur, tant visuellement que par la musique en elle-même.

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