"Le Naufrage du Titan"... et celui du véritable Titanic - L'Antre de Bloodwitch

jeudi 29 octobre 2015

"Le Naufrage du Titan"... et celui du véritable Titanic

Couverture du roman "Le Naufrage du Titan", par Morgan Robertson
"Le Naufrage du Titan", par Morgan Robertson 

"Le Naufrage du Titan" est un roman de science-fiction écrit par Morgan Robertson et édité en 1898. L'histoire se centre sur un navire géant nommé le Titan, lancé durant une nuit d'avril dans un voyage inaugural. Transportant 3000 passagers, il croise le chemin du iceberg qu'il percute. Il en résulte alors le naufrage du bateau, entraînant la mort de plus d'un millier de ses passagers, par manque de canots de sauvetage à son bord. Cette histoire vous rappelle quelque chose ?
C'est normal, elle est à peu de choses près celle du fameux Titanic. Sauf que ce navire à la réputation d'insubmersible a coulé en 1912, soit 14 ans après la publication de ce roman. Étonnant, n'est-il pas ? Et cela l'est encore plus quand on compare l'histoire et la réalité. Petit tour d'horizon :

En premier lieu, c'est le nom du navire qui surprend. En effet, dans la réalité nous avons le Titanic. Pour son roman, Robertson a choisi le nom de Titan. Mais pourquoi ce choix ? Outre le fait que Titan est le nom du plus grand satellite naturel de Saturne (et que ce fait était déjà connu à l'époque de l'écriture du roman), les Titans sont aussi le nom des divinités grecques, engendrées par Gaïa et Ouranos, qui ont précédé les Dieux de l'Olympe. D'une taille gigantesque, ils sont aussi synonymes de force, et il ne fait aucun doute que c'est pour cette raison que Robertson a nommé son navire de fiction ainsi. Mais ce n'est pas la seule coïncidence entre l'histoire et la réalité. Dans le roman, le Titan est le plus grand navire jamais construit, le plus rapide et le plus fiable. Présumé insubmersible, il est sous pavillon britannique, il a une vitesse maximale de 25 noeuds, il pèse 70.000 tonnes, et le capitaine peut fermer les cloisons étanches en actionnant un simple bouton en cas d'urgence. Pourtant le Titan coule une nuit d'avril vers minuit après avoir percuté un iceberg à tribord, iceberg remarqué au dernier moment. Plus d'un millier de personnes se noieront pour cause de manque de canots de sauvetage, et les survivants seront sauvés par un navire qui passait par là, se rendant vers Gibraltar et la Méditerranée. Le Titanic ? Eh bien c'est exactement la même histoire. Au détail près. Sans compter que les deux navires possèdent la même salle de bal et le même nombre de musiciens dans l'orchestre, et que le nombre de victime est sensiblement similaire : plus d'un millier pour le Titan, 1500 pour le Titanic. 

Photo de Morgan Robertson, auteur du roman "Le Naufrage du Titan"
Morgan Robertson, auteur du roman "Le Naufrage du Titan"

Olivier Mendez, collectionneur et spécialiste du Titanic, dira : "En 1898, la technologie, c'est celle du XIXe siècle. Ce genre de navire n'existe pas en 1898, et pour les constructeurs, ce genre de navire n'existera pas. Techniquement, on ne peut pas les envisager, on n'a pas de quoi les construire et on a surtout par l'argent pour le construire. Que Robertson invente le navire idéal, et petit à petit on va s'apercevoir que la technologie va, peut-être sans le vouloir, piocher dans ce navire idéal pour se mettre à construire les vrais navires, et notamment le Titanic. [...] Je ne sais pas ce qui a poussé Robertson à choisir ce sujet, à choisir tous les détails qui aujourd'hui nous intriguent. C'est quand même un moment assez extraordinaire de l'histoire de l'écriture, de voir comment un homme perdu aux états-Unis, a réussi avec 14 ans d'avance, à prédire, à écrire un événement qui allait vraiment se dérouler." Il faut dire ce qui est, Robertson a eu la clairvoyance la plus incroyable de l'histoire de la littérature, et on n'explique toujours pas aujourd'hui comment il a pu écrire aussi précisément un fait qui se passera 14 ans plus tard, avec autant de détails concordants. Cet auteur racontait écrire dans un état particulier, il parlera lui-même d'un état médiumnique à l'occasion de la réédition de son roman, l'année du naufrage du véritable Titanic. Il faut tout de même préciser que ses connaissances marines ne viennent pas de nulle part : Robertson a travaillé de 1877 à 1886 dans la marine marchande, d'où ses connaissances en la matière. Mais cela n'explique tout de même pas sa clairvoyance sur tant de détails. On peut aussi se demander si les constructeurs du Titanic ont pu s'inspirer de son roman pour bâtir le navire. Sauf qu'à cette époque, Robertson est un auteur pratiquement inconnu. Et quand bien même ils auraient connu cette histoire, ils n'auraient certainement pas nommé le navire d'un nom aussi proche que celui du roman, étant donné la fin de son histoire.

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